Dimanche, on tourne... les pages (42)

Publié le par Monique MERABET

Dimanche, on tourne... les pages (42)

FLORILE VÂNTULUI

(Ecaterina Neagoe)

 

Lectures un peu éparpillées au milieu de tant d’autres activités, cette semaine. Lectures faciles d’histoires pleines de bons sentiments, parfois un peu trop lisses… Et puis la plongée dans un nouveau cycle de Fantasy SF … Et le manque de temps pour bâtir une chronique autour de ces pages trop vite avalées et dont il ne reste pas grand-chose à dire, parfois.

Et puis je retrouve, assoupi sur une étagère, ce joli petit recueil qui nous vient de Roumanie :

« Les fleurs du vent » de Ecaterina Neagoe accompagnées des haïgas inspirés de Ion Codrescu. Un charmant petit bijou de fraîcheur que je relis avec plaisir. On ne saura le répéter trop souvent : l’univers du haïku, du haïga ne se livre pas au premier tourne-pages.

Il faut les butiner, ces fleurs du vent, laisser s élever leur parfum de soleil ou de lune, de pluie, savourer le grain de pollen d’une pensée qui vous atteint enfin, pousser (délicatement) une porte pétale qui donne sur un imaginaire insoupçonné à la première cueillette…

Pénétrer dans les sphères jumelles des haïkus d’Ecaterina Neagoe et des calligraphies et dessins de Ion Codrescu, c’est voyager dans un monde subtil de sensations et de résonances, de rêves aussi : comme à la page 13

 

La fleur de cerisier

danse sur l’herbe fraîche –

l’ombre du vent

 

Bien sûr, j’ai retenu la version française de ces tercets écrits dans la langue roumaine originelle de l’auteure et mis en Anglais aussi. Et c’est un charme de plus que de faire connaissance avec ce Roumain aux accents un peu latinisants qui éveillent en moi des échos familiers. Je crois en deviner la musique.

Mais c’est grâce à la limpidité de cette traduction française que je peux butiner à loisir chacune de ces fleurs du vent, sans rien égarer de leur essence. En guise de dédicace, l’auteure m’a joliment écrit :

 

une fleur

ne laisse rien

se disperser au vent

 

Pour terminer, je vous livre ici mon haïku/haïga préféré (pages 46-47) :

 

Grondement de la mer –

je distingue à peine la courbure

de l’horizon

 

Alliage percutant de l’ouïe et de la vue où vavangue* ma pensée

 

(Monique MERABET, 20 Octobre 2013)

 

* vagabonder, en créole réunionnais

 

 

Publié dans LIRE

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Mariposa 22/10/2013 01:03

Le titre de l'ouvrage lui-même est déjà tout un poème et donne envie de pousser la porte de ce jardin éolien.

Mariposa 23/10/2013 16:35

C'est définitif ce livre me convient tout à fait !

Monique 22/10/2013 19:47

Tu ne pouvais pas mieux dire Patricia en comparant le livre à un jardin: Voici le haïku d'Ecaterina Neagoe placé en quatrième de couverture:
le bruissement presé
dans le livre jauni -
la fleur du vent

Monika 21/10/2013 19:55

Ça m'a l'air, en effet, d'un très joli petit recueil. Les dessins de Codrescu, je les aime toujours !

Monique 22/10/2013 19:44

Oui c'est un beau recueil très riche de la collaboration de l'auteure avec les calligraphies japonaises et les haïgas de Ion Codrescu

Marcel 21/10/2013 16:17

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Souffle tiède,
seul le vagabond
parle au vent.

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Monique 21/10/2013 18:51

Très beau!