natal

Publié le par Monique MERABET

natal

NATAL

Mare suspendue au-dessus du buis de Chine. Les fleurs bleues du thunbergia jouent aux nénuphars. Hum ! Y a-t-il des nénuphars bleus ?

Conseil d’écrivain chevronné : ne jamais se contenter d’un style lâche, de se laisser aller à la logorrhée de mots à la va comme je te pousse. Avoir pour objectif une écriture dense et forte. Les contours du métier d’écrivain se précisent. Quand on sait, on ne peut plus faire comme si tout était permis… comme s’il suffisait de laisser sa plume galoper bride abattue.

L’écriture est une ascèse aussi. Ah ! Moi qui rêvais d’être religieuse, à l’abri des contingences du monde. Entrer en écriture comme on entre en religion ? Séduisant. Mais irréaliste, irréalisable en tout cas. Parce que je suis une femme ? Parce que je me sens responsable d’autres êtres ? Parce que.

Le bleu des fleurs se fond dans le bleu du ciel de ce matin. je reviens à ma tonnelle enchanteresse. La photographier ? la contempler ? Compter les corolles ouvertes ? Partager leur beauté avec les oiseaux qui funambulent sur les fils qui se croisent (virtuellement s’entend, non coplanaires, ma chère), avec les mouches charbon, les guêpes, les lézards qui guettent patiemment.

Pas folles, les abeilles et les guêpes. Elles s’étaient réfugiées dans le manguier au temps de la grande nudification de décembre, l’a-verdure plénière d’après élagage.

Maintenant elles reviennent à leur oasis natale…

Natale ?

Terme impropre : les guêpes et les abeilles ne naissent pas dans les fleurs, aussi bleues soient-elles.

Et, si tu crois, haïjin inconsistante, que tu vas ainsi pouvoir placer le mot « natal » du NaHaiWriMo… ce que tu te goures !

La semonce vient de émegé, bien entendu : MG, main gauche qui veille à ce que l’écriture ne dérape pas dans le n’importe quoi.

Peuh ! J’ai déjà un haïku avec natal ! La la la lère…

La belle autoroute

pour mon village natal

chercher la sortie

(Monique MERABET, 9 Février 2015)

Publié dans NaHaiWriMo

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Danièle 10/02/2015 19:23

C'est fou ce que nous sommes maso à essayer tout le temps d'écrire ! Tu as raison, il ne suffit pas d'entrer sur l'autoroute, il faut savoir comment on en sort.
As-tu reçu ma suite ?

Monique MERABET 11/02/2015 06:23

Petit souvenir personnel. Après la construction de la "route des tamarins", j'ai eu beaucoup de mal à accéder à mon village natal. Perte de repères!
Oui, je travaille au haïbun.