Flocons

Publié le par Monique MERABET

Flocons

FLOCONS

Accroché

à l’herbe aquatique

le duvet

d’amour et d’eau fraîche

vit l’oiseau

Oh, le ciel de ce matin ! Roussâtre, grisâtre, jaunâtre, blanchâtre, bleuâtre… La grue rougeâtre a un air triomphant.

Un oiseau lance un signal : notes brèves, angoissées (sic). Est-ce lui qui a perdu la plume blanche posée sur la feuille au-dessus du bassin ? C’est là que les oiseaux viennent boire. Nous sommes en période de sécheresse.

Laisser goutter le robinet ou leur préparer un bol d’eau fraîche ?

Jour de Juin

les oiseaux ont-ils

froid, parfois ?

Tant de futilités auxquelles l’on s’attache ! Ancrage au monde et à ses paillettes délétères. Chaque jour, remplir un grand sac d’envies, de frustrations, de colères… chaque jour la besace plus pesante.

Un enfant se meurt, un enfant désespère… la vie marâtre.

Notre société idolâtre les fausses valeurs, les fausses sécurités, les relations biaisées… mais pourquoi en ressasser le catalogue !

De sales jours se préparent, dit le prophète de malheur. Ne pas écouter sa voix. Surtout le matin.

Laisser le temps au soleil et à la lumière, le temps de chasser ces nuages trop sombres, le temps de repeindre le ciel de bleu clair, bleu tendre, bleu layette, retrouver le lapin blanc de nuages et la lune pas encore disparue.

Revenir aux plumules si douces, si blanches : un flocon d’innocence tombé sur le monde en ce matin de Juin. Écrire un haïku pour le dire. Ne pas s’envoler le vaporeux trésor. J’ai su que ce trésor était pour moi. Cadeau.

Ciel d’hiver

l’oiseau fait la planche

ronds dans l’eau

nourrir de flocons

les guppys

(14 juin 2016)

Publié dans chroniques d'hiver

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