Le vent du quatorze

Publié le par Monique MERABET

Le vent du quatorze

LE VENT DU QUATORZE

Le jour du quatorze Juillet

Je reste dans mon lit douillet

… dit Brassens. Je l’envie ; aujourd’hui, il fait froid, un froid de bise que le vent a mis au congélateur toute la nuit. Et le ciel épais, l’horizon pris.

On disait « son nez l’est pris » pour parler de quelqu’un qui s’est enrhumé, qui a le nez bouché. Expression typiquement créole ou y a-t-il un équivalent en français de France ? Son nez est pris ? Euh…

À trop mélanger deux langues proches (français/créole) je finis par ne plus savoir quel champ lexical je laboure, ce qui appartient à l’une ou à l’autre.

Une pour toi, une pour moi

deux enfants se partagent

un ciel d’étoiles

Beaucoup de mots créoles sont puisés au français ancien, au vocabulaire de marine, en particulier. Les mots, comme les hommes, ont été amenés sur l’île par bateau. Pour notre peuple bâtard, notre langue bâtarde mais non point abâtardis.

Lo mo an drajé la rozé do van la békay in pë partou

Kozman zanbrokal

Toute péi lunivèr i amay son pti mo dou

(Mots en dragée de rosée que le vent a picoré un peu partout / parler métissé / chaque pays du monde a tissé son petit mot tendre)

Les moineaux alignés sur le métallique : là, c’est du créole, un raccourci pour clôture métallique. Une belle brochette de piafs attend le riz. Les oiseaux ont froid, les oiseaux ont faim, c’est l’hiver, après tout. Nos piafs pays ne migrent pas vers l’été du Nord. Ils secouent les ailes, m’apportant un frimas au visage. Ah oui ! Le temps l’est bien pris.

Ce matin, le défilé sur le Barachois ou à la télé. Je n’ai pas la télé.

« Oh ! s’exclame la restauratrice ; Comment vous faites ? » Elle, elle va ouvrir le 14 Juillet et elle fera profiter les clients des images des Champs-Elysées.

La musique qui marche au pas

Cela ne me regarde pas

Pause-vent

les cris des moineaux

arrêtés

quatorze Juillet

sans frémir

(14 Juillet 2016)

Publié dans chroniques d'hiver

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fontaine marie-andrée 16/07/2016 05:34

Monique ta page sur le 14 juillet me redonne un peu de joie ce matin ; Il fait froid , j'ai très froid aussi parce que je me suis revue un certain 14 juillet 1974 sur la promenade des anglais avec mon ami Louis.
mon DE d'as en poche ,je me préparais à rentrer à la Réunion. L'avenir était radieux..

Monique MERABET 16/07/2016 08:08

Merci pour ce partage d'émotion, Marie-Andrée. Nous avons tous bien froid cette année.