La ouate que je préfère

Publié le par Monique MERABET

La ouate que je préfère

LA OUATE QUE JE PRÉFÈRE

Entre deux saisons

un bulbul pille la ouate

du cotonnier

Tip ! Tip ! Tip ! Sa maman ne lui a jamais dit « Attention ! Un cotonnier te poussera dans le ventre. ». Les mamans des enfants humains, savent, elles, que si on se met un grain de maïs dans l’oreille, il nous en sort des feuilles vertes et, — pourquoi pas ? — des épis.

Oh ! Parfois, une petite fille, plus espiègle que les autres, s’enfonce quand même une graine jusqu’au tympan… pour voir. C’était tout vu : passage par les pinces de l’ORL, le farfouillage désagréable, pleurs et promesse de ne plus recommencer.

Le jardin de fin Août a pansé ses blessures d’élagage. Des pousses viennent à l’avocatier, au buis de Chine, surtout, qui retrouve petit à petit sa verte chevelure. De nouvelles fleurs au manguier pour remplacer celles qu’a fanées le vent. Et les fleurs de cerisier, de faux cerisier mais un vrai printemps s’annonce par la blanche floraison.

Entre deux nuages

petit coin d’azur

l’un gris et l’autre blanc

Petites nouvelles de la saison intermédiaire. J’aime les entre deux. Le renouveau s’avance progressivement. La nature végétale est douce par essence ; elle prend son temps pour pousser la barrière d’une équinoxe ou d’un solstice.

La vie est continue. Seule la mort… mais que sait-on de la mort ?

Soins palliatifs

lui offrir un printemps

lui offrir un automne

Prière d’adieu. Qui en est capable quand le cœur se déchire, se focalise sur un demain qui ne sera plus.

La seule prière est dans l’acceptation de notre condition de passant. Tout un chacun le sait. Tout un chacun s’acharne à se situer dans l’exception, le miracle. Cruel retournement de couteau dans la plaie. Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi si jeune ?

Il paraît que les savants astrophysiciens s’effraient de découvrir qu’il y a davantage de trous noirs dans notre cosmos. La fin du monde, c’est dans un siècle, dans un an, dans une heure, bonnes gens !

S’effrayer… Pourquoi ne s’inquiètent-ils pas plutôt de voir l’homme se gâcher ses quelques instants de vie sur terre… qui est pourtant si jolie ?

(20 Août 2016)

Publié dans chroniques d'hiver

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