Si peu de chose

Publié le par Monique MERABET

Si peu de chose

SI PEU DE CHOSE

La rentrée

une tourterelle vient

voir où en est le printemps

L’arbre tendant ses rameaux vert printemps, balai de confetti célébrant quelque kermesse de ville qui se rappelle les fêtes oubliées.

L’arbre rescapé des tronçonneuses, des bétonneuses, clame la proche délivrance des iris bleu et blanc. Pour la pleine lune ?

Iris madrépores libérant leurs corolles voiliers au-dessus de la marée verte des feuilles devenues algues. Ils pousseraient dans l’eau, les iris ?

J’ai souvent rêvé d’un bassin enfoui dans les longues bractées. Rêve d’eau, de cascades, de longs rybans serpentant parmi les coquelicots (Ceux que j’ai semés samedi ?). La petite ravine dévalait qui dévalait la cour au milieu des plants d’ananas, après un cyclone. Je suivais avec fascination l’éphémère courant.

Un peu plus loin — quelques centaines de mètres — la ravine l’a descendu, n’attendant que notre bon plaisir pour venir admirer les bassins mystérieusement remplis.

Voyages d’eau, voyages d’herbe, qui me mènent sans relâche de cette vie arrêtée aux chemins pointillistes de l’enfance. Toujours revenir aux tendres années où se circonscrit le paradis.

Tout le reste n’est que la quête des miettes éparpillées que ma mémoire peut encore rassembler… ou qui flotteront, oubliées des hommes et de Dieu quand je n’y serai plus.

Sur le carrelage

silhouette racornie

qui fut une fleur

Est-il possible que toute vie a une fin que toute la beauté d’une fleur se réduise à une poussière brune que je foule aux pieds ? On est si peu de chose.

Est-il possible que je sois assise là, à l’écrire ce matin ?

Jour de retraitée

plus un seul stylo rouge

pour souligner les fautes

(16 Août 2016)

Publié dans chroniques d'hiver

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