Sagesse d'écrivain

Publié le par Monique MERABET

Sagesse d'écrivain

SAGESSE D’ÉCRIVAIN

 

 

 

Claquement de barre

et le rendez-vous raté

des deux tourterelles

un samedi d’avant Pâques

poser doucement ses mots

 

Le merle Maurice lui, a choisi les fils plus fins du téléphone. Allo… Allo… la conversation est vacillante aujourd’hui.

Communiquer par mail. Avantages et désavantages. Souvent les mots émis prennent un autre sens pour celui qui les reçoit et l’explication de textes devient nécessaire. Joindre un glossaire ? Et perdre ainsi toute l’efficacité d’une transmission instantanée ? Ne pas oublier non plus que les mots écrits restent écrits.

Oh ! La fleurette rouge flamme a disparu ! Boulottée par un oiseau fripon ?

Non, elle est juste tombée. Le merle Maurice n’est pas coupable. Comme on est prompt à juger, méjuger, mal interpréter…

Décrire la fleur que j’ai ramassée : au bout d’un cornet — un jabot ? — cinq pétales un peu an kaskasé. Déjà malmenés par une visite d’insecte nocturne ?

La forme pansue me rappelle les plantes carnivores : on peut trouver des restes de cancrelat dans le gousset d’un népanthes. Ma fleur si petite n’aurait pu piéger que des fourmis. Je ne vérifie pas.

 

Fleur rouge inconnue

posée sur mon cahier

cela me suffit

 

Après cela comment écrire autrement qu’en mots doux et apaisants ?

Je me souviens de cette jeune femme qui voulait être écrivain.

« Quand je me sentais mal, j’écrivais tout ce qui me faisait souffrir : mots durs et bruts. Et quand je me relisais, je me sentais encore plus mal. Alors je me suis dit qu’il était certainement possible de dire ce que j’ai à dire avec d’autres mots, moins blessants. »

Sagesse d’écrivain.

 

(15 Avril 2017)

 

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