Babouk

Publié le par Monique MERABET

Babouk

BABOUK

 

 

 

Le jour s’est levé

un babouk à ma fenêtre

les yeux dans les yeux

comme l’enfant, regarder

l’araignée du matin

 

Le babouk a passé la nuit — plus froide ? — entre verre et bois. Aussi large que ma main — pattes étendues, oui, on n’est pas dans « Les monstres attaquent » non plus — araignée du matin.

UN babouk. Au masculin. La femelle est plus petite et transporte souvent un coussin garni d’œufs, accroché à son abdomen.

Les babouks (Monsieur, Madame et leur smala) aiment les salles de bains. Terreur sous la douche. Bon ! Ce n’est pas « Psychose » non plus.

Je n’éprouve aucune réaction phobique envers la gent araignée. Celles de la Réunion sont inoffensives et les grosses bibs aux fils d’or ont participé à mes jeux d’enfant, au bout d’un bâton… Qui veut des homards ?

Des bestioles plutôt fascinantes. Ni veuves noires, ni mygales, ni tarentules ne visitent mes cauchemars.

Le babouk de ce matin s’est glissé sous le volet ; puis il s’est immobilisé — merci pour la photo — se croyant sans doute protégé. Réaction de petit enfant qui, se cachant les yeux, s’imagine qu’on ne le voit pas. Kashiète ! Alala !

À l’image de mes flagrantes naïvetés que je dissimule sous des mots de « grands ». « Dans tes écrits, transparaît parfois la petite fille » dit une lectrice perspicace. Âme de petite fille myope, un peu dans la lune et qui n’a jamais abandonné sa vision floue des choses.

Faiseuse de haïkus qui pense que la Poésie, c’est plus important que posséder une maison nickel, un jardin bien entretenu. Ne pas y mettre les pieds ? Mes haïkus aiment se rouler dans l’herbe.

 

Enfant à la tablette

jamais une odeur d’herbe

sur ses mains

 

Et il a sûrement peur des araignées. Maman j’peux pas prendre ma douche, y a un alien dans la baignoire…

 

(31 Mai 2017)

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