Coulées de nuages ou de haïkus

Publié le par Monique MERABET

Coulées de nuages ou de haïkus

COULÉE DE NUAGES OU DE HAÏKUS

 

 

 

Pétales au vent

taches roses indécises

que peint l’enfant

aquarelles des nuages

au ciel d’un nouveau matin

 

Photographier un nuage chaque matin au réveil. Y chercher un visage, une silhouette, une résonance de rêve. La photo prolonge l’instant, l’étire, le gélifie dans une éternité restreinte — ce que durent les pixels — l’emprisonne d’une gangue d’immobilité.

Cela me fait penser à ces sulfures , objets décoratifs faits d’une coulée de pierre colorée à l’intérieur d’un cristal : la pierre et le nuage, l’eau et la terre. Donner consistance à l’impondérable d’un nuage.

L’imprimer. Puis badigeonner de vernis ; plusieurs couches. Réaliser une inclusion en deux dimensions… une illusion. Coulées de nues à collectionner.

Ensuite, inventer un haïku à chaque image. Haïkus célestes, s’il en est.

 

Photos de nuages

colorant mon réveil

m’inventer un rêve

 

Et si je commençais par ce tableautin réalisé par un élève de Sixième de l’atelier haïku : rose à l’eau réalisé au crayon aquarelle. Sans un mot.

Que deviner ? Pétales au vent, partis en laissant ces empreintes surréelles… dilution de crépuscule… fantômes de ce qui a été, de ce qui aurait pu être… concept épuré de fleurs à la fois naïves et complexes, venu au bout des doigts, relié à une pensée, forcément.

 

Ces empreintes roses

pétales flottant sur l’eau

au petit matin

 

Haïku collectif des apprentis haïkistes de l’atelier.

 

(13 Juin 2017)

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