Alacrité

Publié le par Monique MERABET

Alacrité

ALACRITÉ

 

 

 

 

Bruits de gorge

dans le vieux manguier

tourterelle

saluant le jour

j’ouvre ma fenêtre

 

Accueillir la chatte noir et feu ? Elle vient chaque jour se lover sous la table, dans une caissette de vieux journaux, le long de la jardinière où j’ai planté du thym… Tu vois, je ne gêne pas, je ne miaule même pas. Et si jamais venait une souris… fais-moi confiance !

Mais ce ventre qui s’arrondit, s’alourdit… Je la chasse à grands gestes.

À rapprocher de l’histoire du septuagénaire que ses enfants ont mis à l’hospice afin de récupérer la maison… au Nord, c’étaient les corons.

Il n’y avait pas longtemps qu’il était à la retraite, Nénesse : une petite retraite, trop petite, justement.

Il suppliait le jeune voisin qui lui rendait visite : « M’gamin, prends moi chez toi… un p’tit coin pour dormir… je ferais ton gardin »

Hospice, maison de retraite médicalisée, résidence… suivant que vous serez pauvres ou riches. Mais toujours, la même perte d’alacrité. Qu’est-ce que je fais encore là, demandait ma mère.

Le ciel est gris ce matin. Je vais arroser, prendre soin des plantations d’hier. J’aime le jardin en hiver. Lo gou la vi oté !

 

(3 Juillet 2017)

Publié dans Courts d'hiver

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