Jeudi d'équinoxe

Publié le par Monique MERABET

Jeudi d'équinoxe

JOUR D’ÉQUINOXE

 

 

 

Jour de printemps

jour d’automne

j’écris

 

Jeudi d’équinoxe. Vos hirondelles sont parties. Je reste : zoizo péi, non migrante. Zarboutan (arc-boutant en créole) mon jardin que serait-il sans moi ?

Le printemps, lui non plus… si je n’étais pas là, il n’existerait pas. Ce poème qui me revient :

 

Quand de la vie sur la terre,

Libre, je porterai le deuil

J’emporterai tout l’univers

Dans les plis de mon linceul

 

Je deviendrai Dieu et maître

J’engloutirai le soleil

Les étoiles, tous les êtres

Pour un éternel sommeil

 

Vous flotterez oubliés

Comme une brume indécise

Des souvenirs effilochés

Par ma mémoire imprécise

 

Je ne vous laisserai rien

Aucun rêve, aucune pensée

Pas même l’ombre d’un chagrin

Rien de mon âme envolée

 

Présomption ? Impertinence ? Tellement vrai en même temps. Comme une lapalissade émergeant de mon engourdissement matinal, à moins qu’il ne soit automnal, avec quelque chose de hiémal ? Printemps, cependant.

Le monde n’existe pas sans moi — Ah ! La nuit toujours vécue comme éclipse — ou alors, estropié, mutilé, sans ce bruit de robinet mal fermé. Agaçant ? Non, plutôt stimulante, la clepsydre qui me dit que je suis.

Deux gros boutons au rosier : roses orange de petit prince. Et si je n’étais pas ici, si tu n’avais pas été là… tous ces brins d’amour qui n’auraient pu être tressés.

 

Toilette de printemps

du bec du moineau

tombe un duvet

 

(21 Septembre 2017)

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