Mon jardin en maraude
DIMANCHE EN MARAUDE
Cocon déchiré
le papillon hésite encore
ailes repliées
Je suis encore sous le charme du papillon éclos hier au citronnier. Moi qui craignais que la chrysalide soit trop petite, d’une vilaine couleur brune, un peu tordue…
Un coup d’œil a suffi, en arrosant. Il est là, noir et jaune, comme un éventail replié pour résister au vent, pour se balancer avec lui et faire miroiter ses ocelles bleus. À photographier, avant qu’il ne s’envole.
8 heures au clocher
faire un jardin suspendu
d’un plant de fraisier
J’ai aussi planté la menthe et la lavande ; j’ai mis les pots d’orchidée épidedrum sur le balcon. Prière pour que les alizés ne les secouent pas trop.
Je renouvelle pour mon jardin les merveilles des jardins du monde. Au temps des bouts-rimés, j’ai écrit ce poème des jardins suspendus (je ne sais plus quel poète avait fourni les rimes).
JARDINS SUSPENDUS
Le vent, comme un secret, dans les palmes murmure
Belle Sémiramis, il était une fois…
Ces jardins suspendus où, s’échappant des toits
Couraient volubilis, couronnes de verdure.
En ce sérail fleuri, loin du monde agité,
Tu venais musarder sous l’ombrage des chênes.
Tu écoutais frémir les vasques des fontaines
Aux chants du crépuscule… est-ce là vérité ?
Que reste-t-il des lieux disparus que l’on aime
Pour les avoir glanés au vent du temps qui fuit ?
Une image incertaine, une ombre dans la nuit,
Peut-être de mes vers, cet hommage suprême.
Écrire l’Eden en maraudant aux jardins d’autre poésie. Marauder : je remarque l’assonance forte avec marronner.
Goyavier cueilli
à travers la clôture
mon propre jardin
À garder en mes carnets d’arrosage ce goyavier de fausse maraude puisque le pied pousse chez moi mais le fait de passer la main à travers les ferronneries du grillage, de ramaner le rameau vers moi, donne à la cueillette l’inimitable goût de liberté des vacances enfantines.
Les enfants des voisins ne songent même plus à faire ce geste. Nostalgie.
(12 août 2018)