Les mandalas de l'Avent (3)

Publié le par Monique MERABET

Les mandalas de l'Avent (3)

Lundi 3 décembre,

 

 

M’éveiller matin

sinon les coqs du quartier

chanteraient en vain

 

Les oiseaux de l’aube… Ah ! Il m’a bien fait rire, ce Chantecler prétendant faire se lever le soleil !

Fada ! Jobastre ! Pauvre kouyon !

Comme s’il ne savait pas que chaque matin, ce qui préside à la naissance d’une aube nouvelle, c’est… Moi !

Si je n’ouvrais pas les yeux, si je n’ouvrais pas les oreilles, si je ne poussais pas les volets, tous sens éveillés, il serait où le soleil ? Il serait éant, comme s’il n’avait jamais existé.

Vous verrez, vous verrez…

 

Quand de la vie sur la terre,

Libre, je porterai le deuil

Je cacherai l’univers

Dans les plis de mon linceul…

 

Mais tant que vie me sera donnée et souvenirs d’Eden, je les étendrai aux oiseaux et aux astres et aux fleurs : gloire du franciséa, juste sous ma fenêtre.

Les oiseaux du manguier le savent bien ; ils se préparent en sourdine à accueillir le jour que je libèrerai, toutes feuilles déployées et fruits mûrissant.

 

Chants de l’aube

c’est la tourterelle

qui commence

 

Ils ont un sixième sens, les oiseaux ; ils sont connectés à l’horloge biologique qui me remet les sens en alerte. Sans que j’aie rien à régler. la montre perpétuelle se met en veille pour l’atemporalité des rêves (cette nuit, rêve blanc du rosier nain vu depuis le balcon), des heures de sommeil qui passent en fraction de seconde.

Les yeux se ferment… les yeux s’ouvrent : une nuit vient de passer

Les yeux ouverts… les yeux clos : une journée vient de s’écouler.

Inspiration première… expiration dernière : une existence vient de s’accomplir.

 

Queues en éventail

séparant fénoir, féklèr

un jour commence

 

Je vais peindre mon mandala d’aube en éventails. Et pour conclure, je ne trouverai pas plus signifiant que ce court extrait de Cendre et rosée, le roman de Monique Leroux-Serres (2017 ; éditions Unicité)

 

« Le Français est hypnotisé par le demi-cercle de l’éventail qui sépare l’endroit de l’envers, le visible du caché, et là, dans les doigts de Mariette, soudain pour lui, déploie le temps, appose un sceau sur le passé et ouvre une nouvelle trajectoire sur l’avenir. »

 

(Les mandalas de l’Avent, 3)

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