Les mandalas de l'Avent (4)

Publié le par Monique MERABET

Cirque

Cirque

Mardi, 4 décembre,

À Monique, la salazienne

 

 

 

Jolie lumière

sous les pitons verdoyants

son cœur en balance

 

Cirque de Salazie ou ailleurs. Ce petit bout de roc sur lequel je vis semble parfois se transformer en cirque pour les clowns tristes. À l’instar de la France et… du monde entier.

Clowns tristes… J’ai toujours trouvé tous les clowns, tristes, voire effrayants : l’un tombe et l’autre rit, fait rire à ses dépens, le bourre de coups de pied ; le souffre-douleur se relève, humilié, la rage en dedans mais debout, oui mésié, merci patron…

Humour jaune, humeur noire. Oh ! Ce ne sont pas là propos bien convenables pour l’approche de Noël — le souci du moment : seront-ils déballés à temps, ces jouets, c’est pour cela qu’ils se sont affrontés hier durement près du port est… libérez la pacotille du Père Noël — que je tente de vivre toujours un peu plus…

Un peu plus quoi ? Voilà que ma plume hésite, que ma langue trébuche, que mon nez semble se gonfler, devenir globe rouge, gob an pok omilië la figuïr… Parler de paix, de fraternité, n’est-ce pas là clowneries, du toc, du pas vrai, du pour de rire ? Comme ces coups de tatane flanqués à celui qui se trouve à terre.

 

Le buis mal taillé

cette arche de feuillage

pour m’équilibrer

 

Heureusement, nous avons nos cirques, nous Réunionnais ! Trois cirques pour nous évader, pour reposer nos cœurs meurtris, pour abriter nos colères : refuges qui ont accueilli les Marrons, terres de verdure encore (patrimoine de l’Unesco), terres de nourritures encore frugales et savoureuses, à l’échelle humaine, d’une humanité solide et fiable et lente.

Sous l’égide des grands pics, se ressourcer, rééquilibrer son âme qui fait le grand écart, remettre en place le farfouillage des idées… « Je leur demande beaucoup » me dit l’amie salazienne.

Comme je demande beaucoup aux arbres du jardin et ils me donnent beaucoup sans se lasser : Toutes ces pousses pitaclant les troncs mutilés, me sont promesses de vie rémanente, résiliente.

 

Mon stylo tombé

n’est-ce pas un cardinal

que j’ai vu passer ?

 

(Les mandalas de l’Avent, 4)

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