Les mandalas de l'Avent (6)

Publié le par Monique MERABET

Les mandalas de l'Avent (6)

Jeudi 6 décembre,

 

 

 

Embouteillage

le rose du prunier-fleur

l’ai-je dans ma palette ?

 

Ronde des couleurs, ronde des fleurs, des fruits, des branches qu’apportent les jours de l’Avent.

Et ces rondes enfantines qui s’arrêtent aux portes d’un souvenir : cinq filles dans les champs… rondes des récréations au temps des écoles de filles uniquement.

 

À la ronde des muets

sans rire et sans parler

la première qui rira

au piquet pour une fois

 

Nous chantions « À la ronde du muguet », ce que nous avions compris de la transmission orale.

Danses lentes de l’enfance, sur un tempo de rondes, peut-être ? Rondes, ces notes mystérieuses que l’on ne voit guère sur les partitions. Mais la musique de ces psalmodies est-elle écrite sur papier à musique ? On peut l’imaginer : ces ronds de petit Poucet, accompagnant les pas des enfants encore vacillants, accompagnant aussi, plus tard les pas des vieux encore plus vacillants. Ronde de fête cependant. Et de ris (mot qui fleure le désuet, l’obsolescence, jeux et ris de ces temps-là)

Danses des damoiselles empêtrées dans leurs jupons, leurs corsets, leurs paniers, froufrous et pastels, rubans et dentelles. Musique arrêtée aux rondes — oserons-nous quelques blanches ? — notes ingambes, bien éloignées de ces farandoles de noires, croches, double-croches, triple-croches, quadruple… Non s’en tenir à triple, on perd l’air déjà, éviter que les jambes partent en vrilles dans les bas de soie… Oh ! de surprise nous laissant la voix bloquée sur un même son, toute une mesure !

Tenues de fête pour marguerite en quête de fantaisie, comme dans mon conte « Le chrysanthème de Noël », devenir la plus belle pour aller danser… Ce haïku d’une jeune élève de CE2 d’un atelier d’écriture et qui m’est resté en mémoire

 

Sous le flamboyant

je vois danser le vent

maloya emporte les gens

 

« Puis, toute une trâlée de fruits dodus et vernissés firent leur apparition par la fenêtre restée ouverte… il faisait tellement chaud !

Noël est rouge au cœur de notre île : soie écarlate du flamboyant ; taffetas sanguine du volcan, pourpre gaufrée des letchis.

Noêl est bleu d’azur profond comme l’océan, bleu outremer des jacarandas géants.

Noël est satin caramel du bel été couleur soleil lorsque les arbres, les tonnelles se parent de merveilles : grappes de miel, pétales safran, guirlandes ou palmes, de jade ruisselant. »

(extrait de Le chrysanthème de Noël, Monique Merabet, 2013)

 

(Ronde, Les mandalas de l’Avent, 6)

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