Dentelle d'écume

Publié le par Monique MERABET

Dentelle d'écume

DENTELLE D’ÉCUME

 

 

 

Lendemain de vote

un moustique s’acharne

sur ma cheville

 

De cette élection d’hier, ne retenir que la dentelle que l’écume brode inlassablement. Broderie changeante, mouvante… comme la toile des instants que module un chant d’oiseau.

Le temps, l’océan… le plaisir de les laisser travailler à ma place. Si je restais suffisamment longtemps à fixer les vagues qui vont et viennent, déposant leur voile éphémère sur le rivage, verrais-je apparaître un poisson volant, un oiseau sur ses frêles pattes allant je ne sais où

 

Fascination

miroitement d’une flaque

avalée par le sable

 

Pour les instants, laisser filer. Rien n’apparaîtra du cheminement lent des heures. Rien de tangible en tout cas. Rien de perceptible à mes sens. Le temps agit toujours en misouk, avec la mort « ki fé kaskou dérièr nout do ». On découvre ce qui a été fait… trop tard pour que nous puissions intervenir. Heureusement ! Imaginons que les évènements soient régis par le gré de chacun !

 

Caprice de chat

attraper du bout des pattes

son reflet dans l’eau

 

Rien à collectionner non plus. Les instants morts ne se ramassent pas à la pelle. Seuls les souvenirs… et les regrets aussi.

Se réciter le poème de Prévert :

 

Oh ! Je voudrais tant que tu te souviennes

Des jours heureux où nous étions amis.

En ce temps-là la vie était plus belle

Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.

 

Se fabriquer une fausse nostalgie. Les jours heureux, hier, aujourd’hui, demain, sont éternels.

 

(27 mai 2019)

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