Le lapin de la lune

Publié le par Monique MERABET

Le lapin de la lune

LE LAPIN DE LA LUNE

 

 

 

Contemplation

habiter cette île-cœur

que m’offre un liseron

 

Archipel que découpent de nocturnes mandibules, taches et déchirures du jour. Aux feuilles, la tâche impossible de décoder le langage de la nature, ses secrets.

Ne pas évoquer les tâches (possibles ?) du quotidien. La nouvelle ortograf gardera-t-elle l’accent circonflexe, turlututu, chapeau pointu ? Confondre tâches et taches.

Les corvées font toujours tache (et tâche) dans mon emploi du temps de rêveuse… je suis toujours étonnée de les voir surgir au détour d’un appel, d’un creux à l’estomac, d’un rendez-vous (Ah ! Et si je les notais à l’encre sympathique, hein ? Ne serait-ce pas sympa ? )

Les taches que je vois aux feuilles sont de toute autre nature. Elles expriment un chemin de bestiole, une empreinte de saison, tracés à mon insu, sans ma participation. Elles ne me demandent aucun effort de grattage, de frottage.

 

Ailes déployées

un oiseau plonge du toit

chaînon manquant

ne suis-je pas volatile

ayant renoncé aux ailes

 

À la plume ou en photos, tous ces portraits de feuilles et de lianes. En attendant l’autre printemps. Ou la métamorphose.

N’ai-je pas ri aux anges en ma prime enfance ? Ne sont-ils pas de ma famille ?

Ma mémoire est un album d’oiseaux qui me réapparaissent, cachés ça et là dans les arbres. Ramages.

Zoomer au loin ou mettre l’appareil en mode macro. Cliquer sur la lune. Au cas où.

 

Ce lapin

jamais aperçu

sur la lune

 

(17 juin 2019)

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S
Très poétique !
Répondre
M
Merci Stev pour ce bout de chemin fait ensemble... en poésie.