Mi soleil, mi lune

Publié le par Monique MERABET

Mi soleil, mi lune

MI SOLEIL, MI LUNE

 

 

 

Veille de solstice

matin mi soleil, mi lune

pour amuser l’oiseau

 

La lune flocon, toute ronde, malicieusement cachée par l’avancée du manguier ; je me suis penchée par-dessus le volcan, j’ai pris du recul… guidée par l’oiseau s’envolant.

Longtemps je me suis demandé si les oiseaux diurnes voyaient la lune quelquefois. Sotte question. Ceux de ce matin, oui, bien sûr et bien avant moi.

Je me suis demandé aussi si la lune de jour n’était visible que si elle était déjà à moitié masquée.

Ah ! Lune du solstice de juin, pleine et entière alors que huit heures sonnent ! C’est que les nuits sont si longues qu’elle finit par bâiller, s’endormir et oublier de tirer sa révérence. Et ce n’est pas le soleil affaibli, anémié de l’hiver qui viendra jouer au commandeur et la chasser.

La lune est paresseuse : sa façon à elle d’échapper au temps qui est réglé comme papier à musique, portée de fils électriques en travers de mon horizon, ordre que le soleil impose.

 

Rideau de nuages

le spectacle est terminé

ni soleil, ni lune

 

Les oiseaux se sont tus. La pluie viendra peut-être. Et l’arc-en-ciel.

 

(20 juin 2019)

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