Carillons

Publié le par Monique MERABET

Carillons

CARILLONS

 

 

 

De ma fenêtre

après la pluie le jardin

paysage d’automne

 

Matin de gris. Le privilège d’entendre carillonner dimanche au clocher d’une église proche, l’Assomption sans doute. Notes douces et légères à l’ouïe et à l’âme. Je prends le temps de les savourer.

Réaliser soudain que la cloche de Saint-Jacques s’est tue… Tiens ! On n’entend plus sonner midi… depuis combien de temps, vit-on sans heure et sans temps ?

Nos instants de païens, de non pensants — laïcisation — réduits à guetter un clignotement sur un écran. D’un simple toucher repérer heures/minutes/secondes de n’importe quel fuseau horaire, on n’arrête pas le progrès, est-ce bien utile ?

Échapper au jeu de cache-cache subtil avec le temps, le nôtre, celui que nous vivons. Quelle heure il est pour Granmèrkal depuis longtemps expédiée aux oubliettes ? Vous avez l’heure ? Et le passant obligeant triture son smartphone et demande avec malice (clin d’œil entendu) : d’ici ou d’ailleurs ?

Encore et toujours nous creusons le hiatus entre réel et virtuel ; entre le ressenti d’un son de cloche au fond d’un souvenir et la fadeur d’une bouillie de temps numérisé.

 

À travers les chants

des tourterelles

le carillon d’une horloge

 

D’une maison voisine : un vieux monsieur, une vieille dame sans doute qui remontent consciencieusement le mécanisme du balancier chaque dimanche.

Papa juché sur une chaise, maître du temps ponctué d’Ave Maria : tâche sacrée pour que la maisonnée tourne rond, qu’elle ne déroge pas des activités journalières. Se lever, se laver, manger, se reposer… Ici et pas ailleurs.

Heures belles de l’enfance. Temps retrouvé.

 

(12 octobre 2019)

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