Les moutons et la rose

Publié le par Monique MERABET

Les moutons et la rose

LES MOUTONS ET LA ROSE

 

 

 

Mon réveil

compter les moutons

de nuage

 

Ciel moutonnant à mon réveil ; paysage essentiel. Tout s’écrit dans le ciel si on sait le déchiffrer. Le Tout et le Rien. Le ciel que nous voyons ne s’offre que par portions, fragments coincés entre deux murs, entre les battants de ma fenêtre qui s’ouvrent au matin, circonscrit dans un arc d’horizon encerclant la terre. Ma préférence aux ciels encadrés de feuilles et d’oiseaux.

 

Passage d’oiseaux

je ne sais pas pourquoi

j’attends le son

 

Comment ressentez-vous le ciel, vous qui ne voyez pas, qui n’en avez aucune mémoire ? Peut-être se confond-il avec la sensation d’espace, le chant des oiseaux… Dans le noir, il y a un ciel.

La terre est palpable à nos pieds, elle est socle où porter nos pas. Mais le ciel ? Est-il comme lorsque nous ne sentons plus peser le plafond du confinement ? Le ciel est comme la Rose.

 

Nous

fermons les yeux

et la Rose dit

c’est

moi

(Paul Claudel, Cent phrases pour éventail)

 

La rose, hybride de sauvageonne églantine et de greffes élaborées savamment. Comme le ciel est fait d’air et de pensées, un léger soupçon de matériel et de spirituel, tous deux intangibles et secrets : une poudre d’illusion, entité qui n’existe pas vraiment.

Le ciel c’est là que nous recherchons nos origines, big bang ou Dieu…

Le ciel, c’est ce qui sera après. Pour l’instant, confinement : mon esprit s’est cogné aux nuages, au réel.

 

L’arbre a offert

une branche à l’oiseau

qui rêvait d’ailleurs

Apprendre à parler aux arbres

Demandez, vous recevrez

 

(Petit journal de nuages 38, 23 avril 2020)

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