Souvenir d'amandier

Publié le par Monique MERABET

Souvenir d'amandier

SOUVENIR D’AMANDIER

 

 

 

Paravent moucharabieh

derrière s’agitent

les vrais feuillages

 

Amandier en fleur : peinture de Renoir. Au bord de l’eau, une île herbue au premier plan, femme et enfant en blanc, posés là comme des fanions.

Sous l’arbre, deux jeunes femmes en bleu et blanc, occupées à installer un pique-nique ? À cueillir des violettes ? L’une, accroupie, travaille ; l’autre, debout, regarde plus haut : Marthe et Marie de l’évangile, celle qui regarde aux choses de la terre et celle qui regarde aux choses du ciel.

Courbe douce de la rive. On imagine une île aussi, celle qu’occupe la masse piquetée de blanc de l’amandier. Réminiscence d’une chanson de Brassens :

 

J’avais le plus bel amandier

Du quartier

Et pour la bouche gourmande

Des filles du monde entier

Je faisais pousser des amandes

Le beau, le joli métier

 

Comme elles m’ont marquée, ces saisons de Provence ! Fleurs d’amandier (les premières) se mêlant à la neige (la dernière) de février. Je n’y ai vécu que sept années. Sept ans, c’est suffisant pour imprimer à mon corps le besoin (ou le désir ?) des cycles circadiens.

Comme si la vie sur terre ne pouvait se concevoir autrement, comme si quatre saisons, c’était la seule façon de rencontrer l’harmonie, l’équilibre. La nostalgie m’en revient à chaque printemps hexagonal au moment où sur l’île, la végétation s’apaise enfin, élan vital en communion avec la nature en éveil. Envie de découvrir.

Et puis l’amour des coquelicots qui perdure et me porte. Et si c’était ma priorité après confinement ? Chiche !

En mai, sème des coquelicots.

 

(Petit journal de coquelicot 44, 29 avril 2020)

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