Muse-insecte

Publié le par Monique MERABET

Muse-insecte

MUSE- INSECTE

 

 

 

Tite fleur fanée

romance d’une île aimée

toujours dans mon cœur

la rosée d’un souvenir

chant d’oiseau dans la forêt

 

Sur l’écran, une fourmi danse, traverse le bleu d’un tableau de Matisse (Icarus)lorsque transparaît la silhouette du danseur. La fourmi se hâte, peut-être pour échapper aux membres boomerang qui pourraient l’attraper. La fourmi guère plus qu’un pixel libéré, une idée farfouilleuse qui essaie de se forger une issue au sein d’un amas d’idées autres, d’idées d’ailleurs, émerger de la nébuleuse, suivre un destin d’étoile.

Métaphore. Métamorphoser la fourmi en étoile, comme c’est bizarre ! Et comparer l’insecte à une pensée, alors ?

La fourmi du cahier ou de l’écran ne choisit pas toujours la voie directe. Est-ce toi, musinsecte qui me pousse dans tous ces zigzags de traverse, à rendre incompréhensible ma tapisserie de mots, ce matin ?

Billet de plein vavangaj, écriture automatique, sous hypnose engendrée par les divagations d’une fourmi…

Le plus drôle — ou le plus affligeant ? — c’est que ma fourmimuse s’est carapatée de mon horizon depuis longtemps.

La fourmi me fait revenir à l’expression créole « kass lontour dann shomin droite ». Que vous suggère-t-elle demande l’amie qui m’écrit : « kas kontour dann somin droit ou comment, d’une expression orale, imagée, se construit tardivement mais avec force une expression réunionnaise diversifiée »

Ah ! Laissons réflexion mûrir et fourmi ma mie goûter à d’autres saveurs que celle de mon écriture douce-amère !

 

Mon encre bleue

la fourmi quitte ma page

pour citron moisi

 

(19 juin 2020)

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