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Publié le par Monique MERABET

TU SERAIS BELLE MA VILLE

 

 

Tu serais belle ma ville…

si tu n’étais point ville ;

tu serais belle ma rue

si tu n’étais point rue.

 

Cités d’autrefois. Une touffe d’herbe, un bouquet de feuilles dépassant des murs… signes de vie que l’on découvre le long des rues.

Que l’on découvrait.

De mon balcon ou à travers le grillage nous séparant, combien de fois ai-je contemplé les parterres colorés de la voisine ! Petits bonheurs de vivre en harmonie, la cité n’oubliant pas qu’elle fut forêt. England forest, un des noms que prit l’île de la Réunion.

 

Depuis mon balcon

le jardin de la centenaire

parti en béton

 

Notre époque s’acharne à la disparition de ces îlots de verdure, oasis accueillant oiseaux et lézards. Et les abeilles.

 

Qu’il est laid

le caméléon

qu’il est beau !

 

Aujourd’hui la tendance est à l’uniformisation : béton ou métal ou plastique. Un des cercles de l’Enfer de Dante se referme.

 

Il est en enfer un lieu dit maleboge

tout fait de pierre couleur de fer

comme le cercle de roche qui l’entoure         (Chant XVIII)

 

La bolge est une poche, un sac. En créole, goni : ce qu’on y met n’est guère reluisant : des patates terreuses, de la marchandise peu fragile, en vrac.

Mais la vie ne s’arrête pas à un jardin saccagé. Le ciel est infinité pour chacun d’entre nous. Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier : le vers de Victor Hugo s’applique à merveille ici.

Nul ne peut nous aliéner cette part, que l’on soit pauvre ou riche, libre ou emprisonné. Elle est notre patrimoine, incluant l’Éden. Elle nous fait danser de joie.

Comme le liseron qui s’élève des profondeurs d’un puits et vient s’enrouler au seau. Béni soit celui qui refuse de déranger le liseron !

 

(22 avril 2021)

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