Trente-sixième dessous

Publié le par Monique MERABET

Trente-sixième dessous

TRENTE-SIX PIEDS SOUS TERRE

 

 

Terre remuée

quelle graine germera

la première ?

 

Hier au-dessus des toits ; aujourd’hui, trente-sixième dessous. Et l’ascenseur en panne.

Mais il y a des merveilles aussi à découvrir dessous.

Si j’étais ver de terre, vingt mille lieues sous la terre…

Je mènerai grand chambardement dans les grains du sol, dans ce bazar hétéroclite de graines qui n’attendent qu’un peu de pluie.

Ah ! L’ébahissement de la jardinière — femme qui jardine, bien entendu ! Je ne parle pas aux pots. — lorsqu’elle verra poindre, ici et là, plantes qu’elle n’attendait pas. Elle est bon public, facile à étonner, à émerveiller. même moi, tout mou, tout boueux, je réussis à l’intéresser par ma dichotomie reproductive. Hé oui, dichotomie ( du grec dikhotomos, coupé en deux) pas la peine de t’ébaubir, Èmegé ! Moi aussi, je connais des termes à l’étymologie sophistiquée.

Elle en a fait tout un poème :

 

Alors, sous les yeux incrédules,

le lombric se scinda en deux.

L’exploit fit des émules :

bientôt quatre, huit, seize, trente-deux…

les vers pullulèrent.

Le cancre de Prévert

n’aurait pas rêvé mieux.

 

(extrait du poème « La multiplication des vers », Mathifolades, Éditions L’iroli)

 

Je crois qu’elle m’aime bien ma jardinière poète, malgré sa moue de dégoût lorsqu’elle me voit gigoter dans le pralin dont elle enveloppe les racines de ses plantations.

Pralin ! Voilà un joli mot… il sonne comme câlin, caresse aux lantes pour qu’elles grandissent, qu’elles fleurissent et refassent des graines que je pourrai faner deci delà… La, la, la…

 

(14 septembre 2021)

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