Un temps à Arc-en-ciel

Publié le par Monique MERABET

Un temps à Arc-en-ciel

UN TEMPS À ARC-EN-CIEL

 

 

Pluie en fines gouttes

et le soleil hésitant

l’arc-en-ciel peut-être

 

Les dernières gouttes pas encore ressuyées, quelques rayons tentent de se frayer un chemin. Un temps à arc-en-ciel, ai-je dit au manguier. Mais l’arbre avait autre raison de se réjouir… et de me réjouir.

 

J’ai contemplé, médusée

feuilles vert tendre au manguier

 

Nez en l’air, j’aurais pu l’apercevoir l’arc-en-ciel… mais Mamzèl larkansièl ne se déplace pas sur commande. Il lui faut des conditions particulières, quand se mêlent lumière et eau. Je ne maîtrise aucun des éléments.

Et ma prière s’irise d’une demande : « Donnez-nous l’arc-en-ciel pour éclaircir le ciel, pour illuminer le gris des pensées. »

La petite voix — moqueuse, n’est-ce pas ? — m’incite à les trouver au fond de moi, les sept couleurs de la vie. Si elle savait que parfois, les pensées sont plus grises que les nuages, issues d’un sommeil de pacotille !

« Allons ! — à nouveau la petite voix — N’insulte pas le sommeil, il apporte souvent conseil et apaisement. »

Dorment-ils bien les Poutine et autres bradeurs de guerre, écorcheurs de paix ? Alors qu’ils m’empêchent de dormir…

« Ils cassent le monde », chantait Boris Vian. Alors il faut ouvrir ses sens pour conserver quelques éclis du bleu, du gris, du bruit des gouttes ; il faut ouvrir largement ses mains pour les partager.

Retour à cette histoire jamais retrouvée de la petite Douce-amère (sans doute le nom que je lui ai inventé) à qui on avait offert la lune et qui l’avait brisée dans un accès de colère.

La nuit abolit la colère et l’on se réveille églantine de la première heure.

Ce poème pour la paix, aujourd’hui.

 

Tu m’as faite Jérusalem

ville promise de la paix,

tu m’as tissé l’âme prière

cristal et sérénité.

 

Ta nuit me rêve Colombine

vasque d tendresse, douceur

ta nuit éponge la colère

d’un quotidien de rancœur

et je me réveille églantine

rose de la première heure.

 

Il suffit qu’un nuage dessine

sur mon ciel un graffiti de peur

il suffit d’un cri de travers

d’un roulement rauque de tambour

pour ranimer en mes ruelles

le feu de la haine guerrière

et lacérer de barbelés

tous mes murets d’amour

 

Puis la douloureuse patience

d reconstruire dès l’aurore

l’espérance en un jardin

transparence et lumière

pour la paix offrir un destin.

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