Abeilles (7)

Publié le par Monique MERABET

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                                                                     (image Flickr)

 

LE DON DES ABEILLES

(Christelle PAYET)

 

 

 

Quand le Père Créateur libéra l’homme et la femme du Paradis où ils ne connaissaient que Lui qui leur avait donné la vie, il les lança sur le chemin de la connaissance et de la conscience en leur disant : « Le Ciel se fera sur terre avec vos bras ». Puis il ferma les portes du plus beau des jardins où se côtoyaient en toute liberté les animaux gracieux et joueurs : les lionceaux, les tigrons, les éléphanteaux, les serpents sans venin, les oiseaux chanteurs, les poissons maîtres de l’eau et les insectes pollinisateurs, coléoptères, bourdons, papillons. Et les abeilles, lumineuses et diligentes.

Ces dernières formulèrent une requête au Père Créateur : « Laisse-nous accompagner les humains sur la terre. Sans un être vivant qui leur rappelle leur origine, ils perdront tout souvenir de votre maison, et se laisseront aller à des idées pessimistes et matérialistes ; nous serons pour eux les messagères du Ciel, celles qui tiendront leur esprit en éveil ».

Le Père Créateur trouva leur raisonnement sage et juste, et accéda à leur demande. Aussi, quand Adam et Ève quittèrent le Paradis tout contrits et chagrins, en voyant les abeilles voleter en leur compagnie, la joie leur revint car ils surent qu’ils reviendraient à Éden après une période de travaux pénibles mais certainement enrichissants.

C’est pourquoi, depuis que le monde est monde, l’homme aime les abeilles. Il les aime pour le mystère lumineux qui les entoure, et non comme on le croit généralement, pour le miel qu’elles lui procurent. En réalité, le miel est un surcroît du don des abeilles.

Partout où les populations humaines s’installent, elles cherchent des yeux les butineuses. Si elles n’y sont pas les hommes ne refusent pas de faire souche, mais s’ils restent c’est toujours dans l’espoir de les apercevoir dans les alentours, dans la nature sauvage. Et de les découvrir un jour dans leurs cultures, leurs parcs et leurs jardins.

Et en effet, pour qui sait regarder, et pour cherche des yeux et du cœur, il y en a toujours quelques-unes, suffisamment pour le rassurer et l’émerveiller, lui parler du ciel, mais de la joie dans le travail par lequel nous accédons à la création et à la paix de l’âme.

L’abeille ne serait-elle pas la déesse-mère de l’humanité, celle qui lui donne de la nourriture pour son corps grâce à la fécondation des fleurs et qui lui ouvre les yeux sur l’esprit et les êtres célestes ? Celle qui leur apprend sans leçons et sans punitions que le travail et la gloire et la dignité de l’homme, elle « dont le travail est joie » ? Celle qui ramènera Ève et Adam et leur descendance au Nouveau Paradis où en plus d’être joyeux et sans soucis ils seront aussi des êtres conscients et responsables.

 

 

 

 

 

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P
<br /> <br /> Félicitations. Ta démarche est géniale. Et j'aime dans son ensemble ton texte.<br /> <br /> <br /> <br />
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I
<br /> <br /> Abeilles messagères de Dieu !<br /> <br /> <br /> Elles auraient voulu rendre la Terre, passage entre le Paradis et l'Enfer, plus agréable à l'Homme. Et lui, qu'a-t-il fait ? Il invente des produits qui les illiminent assurément. Le Gaucho, pas<br /> tendre et pas révolutionnaire du tout.<br /> <br /> <br /> <br />
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