Carnets de vacances (8)

Publié le par Monique MERABET

SUR LES TRACES DE LA LANGOUSTE

 

 

 

Les vacances sont finies ?

Hier la fin du Ramadan passée presque inaperçue, très calme cette année dans ma rue. Les voisins l’ont fêtée ailleurs.

Ce matin, la marée des rumeurs urbaines, les écoles ont rouvert dans toute l’île. Tout se mêle, s’emmêle, bruit des moteurs, débroussailleuses,  et la sirène des pompiers… les premiers secours déjà pour la semaine à peine entamée. Et le gris et la fraîcheur d’un mois d’Août résolument « de saison ».

Je cherche un signe, un élan, une envie de me lancer dans la vaine mêlée… alors que tout mon corps, toute mon âme n’aspirent qu’à … à rien, justement : me laisser porter par l’aile d’un oiseau, marcher à petits pas vers les iris un peu plus larges, un peu plus en forme de fleurs mais toujours en vert !

Rester dans le souvenir de ce dimanche passé à vaguer, les yeux fixés sur l’horizon des vagues, à écouter chanter l’océan : la mer si bleue, si claire berçant les oursins rangés en bataille sur l’affleurement de corail. Baignade interdite ! Et le calme de ce coin de plage où la pensée n’a qu’à se mettre au diapason, se laisser ballotter à la crête d’une vague, qui se forme et de déforme éternellement, et qui laisse son empreinte d’écume un peu plus loin chaque fois vers la terre.

 

Flaque d’écume

en forme de cœur

un oursin se prélasse

 

Marcher sur le sable frais et doux : la joie des orteils et leur trace éphémère, le temps d’un reflux. Á chaque pas, se pencher, recueillir un fragment de pierre qui fut corail, coquillage, un crayon d’oursin aux teintes chamarrées…

 

Le galet blanc

cette incrustation de jais

quelle vie ?

 

La plage aux merveilles à raconter à la petite fille, jupe cerise qui danse sur le sable, les mains pleines…

 

Sensation d’humidité -

elle remplit mes poches

de ses trésors de plage

 

Et puis cette grosse langouste encore entière, incongrue. A-t-elle vraiment été rejetée par la mer ? S’est-elle échappée du panier d’un braconnier nocturne ? Ou bien... qui peut me proposer une réponse?

 

Photo-366.jpg

 

(Monique MERABET, 20 Août 2012)

Publié dans Haïbuns

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J

Très joli, Monique, j'aime !!


Tu vois que les oursins se prélassent et quand on se prélasse ... on est un peu ... mou ??  non me bats pas
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M


Merci Jocelyne


Lç, tu m'as bien eue! Moi qui voulais faire la maline avec mon oursin! Et c'est moi qui fait le bâton pour me battre avec mon prélassement d'oursin.



M

Beau haïbun de printemps, Monique. Son premier haïku me donne envie de te raconter, comme en écho, un moment vécu il y a des années, sur la plage à Baie-Comeau, lors d'un Camp Haïku, sur la Haute
Côte Nord de l'estuaire du Saint-Laurent.


 


la vague se retire


l'écume reste sur le sable


un instant de plus


 


Et le mystère de la langouste... il m'intrigue, moi aussi. Mais comme je connais si peu la vie marine et de bord de mer, je n'ose pas imaginer ce qui a pu l'amener là où (apparemment) sa présence
est insolite. Je compte sur toi et Mariposa pour nous éclairer !
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M


Très beau le haïku d'écume!


Quand au mystère de la langouste, je compte moi aussi sur Patricia pour nous éclairer. Moi j'ai du mal à imaginer une langouste de cette taille jaillissant des profondeurs de l'océan sur la crête
d'une vague. Et pourtant quand mon objectif l'a rencontrée elle était toute fraîche encore.



M

Il me plait beaucoup ce haïbun !
J'ai senti l'odeur pleine d'algue des embruns marins et le sable humide sous la plante de mes pieds, le premier baiser un peu froid de la mer sur mes orteils ...
Bref, le temps de te lire, j'ai revécu mille et mille petits instants précieux et fragiles de mon enfance béninoise en bord d'océan. Et tous ces pique-nique en famille, notamment au Nouvel An, où
parfois venaient s'inviter des langoustes tout juste achetées à des pêcheurs et grillées sur la plage !


...


Alors qu'a-t-il bein pu arriver à celle de ta photo ? Laisse-moi un peu de temps et je reviens te raconter ça ! En attendant, j'espère que vous l'avez ramassée et en avez profité ?
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M


Je suis impatiente de connaître l'histoire de la langouste... que nous n'avons pas consommée, non! Prudence oblige... surtout que je viens de guérir d'une gastro...


Je suis heureuse que tu aies retrouvé un peu de la mer béninoise dans mon icéan réunionnais... un beau zanbokal de souvenirs.