Des forêts d'oiseaux dans le crâne

Publié le par Monique MERABET

 

 

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Des forêts d’oiseaux dans le crâne

(René-Lise JONIN)

 

PRIX DE POÉSIE JEAN AUBERT 2011

(Association FLAMMES VIVES www.flammesvives.com )

 

L’Association Flammes Vives publie chaque année des anthologies de poésie réunissant une large diversité de poètes contemporains et chaque année aussi, organise le Prix Jean Aubert (du nom de son fondateur) dont le Prix est l’édition d’un  recueil de poèmes du lauréat.

Poésie… oui. « Indispensable poésie ! » comme dit Claude Prouvost, le Président de l’association.

 

C’est donc grâce à Flammes Vives que j’ai eu le plaisir de découvrir le monde poétique de Renée-Lise Jonin ;;; ce monde qu’elle a créé de ses rêves, de ses ressentis, de ses mots oiseaux .

J’apprécie énormément la liberté de ton de ses poèmes tour à tour tendres (comme Le chat) ou drôles (comme dans Fantapoésie), ou bien encore un peu acides (comme Mon ennemi), voire tragiques (comme Complainte de l’enfant malchanceux)… un condensé de vie !

J’aime beaucoup aussi l’apparente légèreté des textes qui ne se prennent pas au sérieux… ce qui e signifie pas, bien sûr qu’ils manquent de sérieux.

Bien au contraire ! Les poèmes de Renée-Lise Jonin savent aller au fond des choses avec leurs mots qui s’égrènent souvent de façon pittoresque, inattendue mais toujours poétique.

 

J’ai cueilli, embrassé les mots

 Á travers les fleurs du sourire 

 dit l’auteure dans Échappés de ma main

 

Ces mots qu’on ne retrouve pas forcément dans un dictionnaire d’ailleurs… et qui existent soudain parce qu’elle les a créés, peut-être  en soufflant hier parmi mes rêves 

Ses rêves n’appartiennent qu’à elle ; cependant le lecteur a vite fait de les habiter, de les habiller des ses propres sentiments, de son propre regard peut-être pour répondre à son vœu

 

Poème cousu par mésange

Poème tissé par mégarde

Envole toi, appelle un ange

Et demande lui qu’il regarde

 

N’est-ce pas le rôle du poète, sa mission que de réveiller en chacun de nous un imaginaire enfoui ? Et, avec Renée-Lise Jonin, on peut boire à ses poèmes sans modération puisqu’elle nous confie :

 

Le vent m’a  apporté

Tant et tant de poèmes

…………………

J’en mets sous les fleurs en passant

Je les retrouverai demain

Quand je reprendrai ce chemin

 

En tout cas, c’est avec bonheur que j’ai partagé ses mots et ses rêves et je me suis trouvée comblée quand ils ont pris des accents de haïku, qu’ils soient explicitement dits comme dans cette page sobrement intitulée Haïkus, qu’ils se dissimulent au sein d’un poème, au détour d’un vers.

Du poème final Le bouquet de fleurir  si bien nommé, j’extrais ce tercet :

 

Mais est-il fait de fleurs

Le bouquet de fleurir

Décorant le buffet ?

 

Et puis, le bonheur d’écriture qui transparaît dans chaque texte, me ravit. Pour conclure, je voudrais faire partager la joie ressentie à ce magnifique Crire, mon poème préféré :

 

Crire c’est mon truc, c’est ça ma vie

Crire et crire et crire encore !

Écrire… c’est un peu comme crire

 

(Monique MERABET, 20 Juin 2012)

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