Dimanche ici ou là

Publié le par Monique MERABET

A Monika qui nous offre ce haïku (commentaire à l'article "Parlez-vous cardinal?")

 

la mésange

facile à imiter

elle me répond         (Monika)

 

Geisha_040212.JPG

                                                                                         (Photo isabel Asùnsolo)

 

DIMANCHE ICI ET LÁ

 

 

 

Dimanche

j’ai envie de répondre

à l’oiseau

 

 

5 Février de froid ou de canicule, anniversaire de joie ou de peine, ne pas trop regarder le chiffre. Se focaliser sur le jour : dimanche.

J’ai toujours considéré le dimanche comme l’aboutissement du septième jour, la pause sacrée dans notre quotidien assujetti au boulot.

La grâce d’un jour férié… Et je me plais à penser que cet état de vacance nous permet d’échapper aux corvées soi-disant incontournables, aux tâches soi-disant indispensables propres à nos sociétés vouées au travail imposé, au travail bête et usant pour la grande majorité.

Le dimanche apparaît alors comme le seul moment où nous pouvons nous détacher des contingences matérielles et nous relier à ce qui est essentiel à nos vies, à la joie d’exister tels les oiseaux du ciel ou le lys des champs, disponibles, libres, généreux aussi…

 

Rosée du matin

la grosse mangue pour deux

petits escargots

 

Cela peut sembler paradoxal que je profite davantage de mes dimanches maintenant que je coule des jours paisibles de retraitée en mon jardin réunionnais. Mais j’ai un souvenir vivace de tant de dimanches à l’encre rouge, celle dont je gratifiais ces monceaux de copies à corriger.

Alors, oui, maintenant, aujourd’hui, me laisser enchanter… Ce ciel si bleu quAe les ailes des oiseaux sillonnent d’empreintes invisibles, le point doré d’une guêpe qui folâtre au plafond de la véranda, me rappelant le rêve de cette nuit. Le clocher voisin joue en sourdine l’heure de la messe…

Là-bas, à l’autre bout de ma vie, un chat ripe sur la mare gelée. C’est dimanche aussi de ce côté du monde.

C’est au matin, bien sûr qu’il est plus facile de se laisser gagner par la légèreté des dimanches : le matin au réveil quand tout est encore promesse, quand un café suffit à nous rassasier.

Les soirs sont davantage tournés vers la nouvelle semaine à programmer : as-tu fini ton exercice de maths pour demain, pense à amener la voiture pour la révision, n’oublie pas ce rendez-vous chez l’ophtalmo, etc.

 

Dimanche soir

j’ai bousculé les belles-de-nuit

à peine ouvertes

 

(Monique MERABET 5 Février 2012 )

 

Publié dans Haïbuns

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monika 06/02/2012 17:57


Merci, Monique, pour cette belle réflexion sur le dimanche que tu me dédies ! Chez nous aussi, les dimanches sont "sacrés" dans tous les sens du terme. On prend du temps... pour prendre son
temps, encore davantage qu'en semaine (ahhhh... vive la retraite ! Mais je ne le dis pas trop haut, parce que j'ai peur de faire des envieux. Surtout que je ne suis pas du genre à m'embarquer
dans mille "projets de retraite" sans lesquels, si on en croit les psy, on ne saurait vivre cette étape de la vie "pleinement". Il me suffit de donner à chaque chose, à chaque action et à chaque
geste le temps qu'ils méritent - ça, c'est un vaste programme, me semble-il !).


Les trois haïkus qui ponctuent ton texte me plaisent tous les trois et me rappellent avec bonheur qu'un jour, le printemps reviendra, ici aussi.