Dimanche, on toune... les pages (17)

Publié le par Monique MERABET

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DEUX PETITS LIVRES

 

 

 

Les dimanches « littéraires »se suivent et ne se ressemblent pas. La semaine dernière, une anti chronique et cette semaine, deux chroniques en une.

Deux « petits » bouquins que j’ai lus avec grand plaisir, des livres de détente, joliment écrits, d’une écriture simple et fluide, sans prétention, sans effet de style, des ouvrages susceptibles de dégrisailler un dimanche pluvieux…

Il ne faut voir aucun ostracisme, aucun dédain dans mon qualificatif de « petits ».

Tout d’abord, ce sont des livres peu volumineux qui peuvent se lire en une après-midi.

Et puis, je voudrais surtout les dissocier de ces pavés best-sellers qui font sans doute l’affaire des éditeurs, des libraires, des supermarchés. Je veux parler de ces thrillers au flot d’écriture élucubratoire, au découpage sophistiqué des chapitres –sans doute pour les rendre haletants – qui égare la lectrice que je suis, à cette orgie documentariste – pour faire croire aux lecteurs qu’ils se cultivent en les lisant – dont on démêle obligeamment à la fin, dans des annexes superfétatoires, le vrai du faux. Du clinquant, du chiqué ! Et cette propension à nous rendre voyeurs de tortures, de sévices décrits avec un luxe de détails qui me donnent la nausée.

Non, rien de ces débordements dans ces deux ouvrages que je propose aujourd’hui et qui ont l’avantage précieux à mes yeux d’avoir été écrits par un auteur, pas par une équipe de scénaristes, de documentalistes, de monteurs de textes, de réécriveurs, etc. On sent derrière les petits bouquins que j’aime, la présence humaine, d’un écrivain même maladroit, même modeste…  

 

Voici donc :

 

LE CHAPEAU DE MITTERRAND (Antoine LAURAIN)

 

La balade d’un chapeau oublié au porte-manteau d’un restaurant nous emmène de tête en tête, à traverser l’existence d’un employé d’un service financier, d’une secrétaire au Trésor Public, d’un « nez » créateur d’un parfum célèbre en pleine dépression, d’un grand bourgeois désenchanté…

Il ne s’agit pas de n’importe quel chapeau, bien sûr : il est censé être celui du Président de la République. Cet objet, symbole de pouvoir, devient artefact qui permettra aux hommes et femmes qui le coiffent de trouver le courage de sortir de la médiocrité de leur monde familier, la force de rompre avec ce qui les asservit à un quotidien étriqué.

Il y a même une écrivaine amateur qui rencontre le succès littéraire. Ah ! la prochaine fois que je tombe sur un chapeau…

 

DIEU EST UN POTE Á MOI (Cyril MASSOROTTO)

 

Récit d’une vie tranquille et ordinaire, d’un amour limpide et simple, trop vite interrompu par accident, d’un deuil qui se traîne comme tous les deuils humains. Histoire banale d’un homme qui doit faire face… et retrouver une raison de vivre.

Histoire de vie sans prétention mais qui touche, mine de rien, à des questions profondes, celles que se sont posées de tout temps les êtres humains, celles qu’ils ressassent ; Dieu ? Comment ? Pourquoi ?  

Le livre ne prétend pas y répondre, bien sûr. Mais cette notion d’un Dieu lié à la capacité des hommes de se porter de l’amour en vaut bien une autre.

Et, au final, quelle belle leçon de vivre, de continuer le destin de l’humanité. De quoi se remonter le moral.

 

(Monique MERABET, 21 Avril 2013)

Publié dans LIRE

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Mariposa 27/04/2013 09:21


Parmi les (nombreuses) raisons pour lesquelles je suis pressée d'être à la retraite, il y a : avoir plus de temps pour lire ! Car les petits livres qui se lisent en une après-midi, sauf à être en
vacances, je mets souvent quelques jours à les lire !!!


Mais l'histoire des chapeaux me tente beaucoup, je la note !

Monique MERABET 27/04/2013 19:07



Oui, la retraite, c'est cool!



Monika 21/04/2013 15:56


Mais où déniches-tu donc ces petits trésors ? Ma liste de livres que j'ai envie de lire, grâce à tes recensions, s'allonge sans cesse (et... autre question : où prends-tu le temps de lire tout ça
?)

Monique MERABET 22/04/2013 08:52



En ce qui concerne les "trésors", ce sont le plus souvent, au hasard d'une rencontre avec un titre, une couverture.


Quant au temps de lire, le mien est volé à tout un tas de tâches ménagères que je laisse de côté... et sans doute pas si importantes que cela puisque, comme me le disait une amie "on ne paye pas
d'impôt sur la poussière"



Marcel 21/04/2013 10:21


Chapeau(x) !

Monique MERABET 24/04/2013 08:46