Dimanche, on tourne... les pages (19)

Publié le par Monique MERABET

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LE JOURNAL INTIME D’UN ARBRE

(Didier Van Cauwelaert)

 

 

 

Un livre formidable, me suis-je dit, en découvrant les premiers chapitres de ces mémoires d’un vieux poirier.

Un arbre meurt – de mort naturelle – et… continue à vivre à travers la statuette qu’une jeune fille a sculptée dans son bois, à travers les bûches qui pétillent dans la cheminée, etc. quelle belle perspective de rejoindre ainsi l’âme de la Terre, lorsque vient l’heure de quitter ce monde et l’on ne peut que se réjouir qu’un tel destin soit réservé aux humains aussi !

Formidables aussi les secrets du végétal qui modifie sa structure afin de résister aux insectes, aux maladies.

Et, bien sûr la pédagogie écologique qui transparaît dans cet ouvrage : apprendre à museler nos égoïsmes et à respecter davantage ces êtres extraordinaires que sont les arbres.

L’auteur les aime, les arbres, il n’y a pas de doute là-dessus. Moi aussi, je porte un amour profond presque viscéral à nos frères feuillus. Et je projetais donc de lire ce « journal » dans l’enthousiasme et le recueillement, de le partager avec d’autres amateurs passionnés des végétaux et de leurs mystères.

Las ! Comme cela arrive souvent avec Didier Van Cauwelaert, l’histoire finit par se diluer dans un enchevêtrement de détails faussement historiques, balayant dans ses distorsions mémorielles, des guerres de religion à l’affaire Dreyfus, des problèmes de banlieues aux chamans de la forêt amazonienne…

L’histoire s’éparpille et mon intérêt aussi. Ah ! S’il s’était arrêté aux retrouvailles de Yanis et de Tristane, quel magnifique récit cela aurait donné !

Qui trop embrasse, mal étreint !

 

Enfin, cela fait quand même une bonne centaine de pages qui m’ont littéralement enchantée et gardée dans cette empathie que je ressens pour les troncs, les feuilles, les racines qui m’entourent. Je partage le regret dont sont empreintes ces lignes :

 

« Les hommes ne savent plus nous entendre parce qu’ils ne savent plus regarder les images que nous leur envoyons. Pourtant nous émettons sur la même fréquence puisque je vois ce qu’il dit. »

 

Et je reprends à mon compte cette réflexion de l’auteur dans sa note de dernière page :

« les arbres continuent à nous rendre heureux »

 

(Monique MERABET, 5 Mai 2013)

 

Et je ne peux résister à l’envie de partager avec vous cette anecdote (authentique ? je ne sais pas) tirée du livre de Didier Van Cauwelaert, « Le journal intime d’un arbre »

Il s’agit d’une expérience faite sur des punaises des bois :

« Elles arrivaient dans des boîtes tapissées de papier journal, et on a observé que les punaises qui voyageaient sur le New York Times déclenchaient sept à huit métamorphoses larvaires, et n’étaient plus aptes à la reproduction. Rien de tel sur le Times de Londres.

….

En enquêtant sur la provenance de la pâte à papier, j’ai découvert que le mélèze d’Amérique, menacé par une surpopulation de punaises, produisait de la juvabione, une substance analogue à l’hormone juvénile de ces punaises, mais à un dosage démesuré qui les stérilisait. »

 

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Monika 06/05/2013 19:53


Succulente, cette anecdote sur les punaises et les dangers qui les guettent, dépendamment du journal qu'ils lisent. Mais qu'on ne compte pas sur moi pour les prendre en pitié !

Monique MERABET 07/05/2013 17:52



J'aime bien savoir aussi que les plantes savent se défendre.