Dimanche, on tourne... les pages (29)

Publié le par Monique MERABET

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Bashô le fou de poésie

(Françoise Kerisel – Frédéric Clément)

 

 

 

Oh ! Le joli ciel bleu sur lequel se découpent les montagnes ! Bénédiction de ce dimanche et ma gratitude de l’avoir remarqué.

Invitation au voyage, aussi, au haïku. C’est pour cela que j’ai repris aujourd’hui ce bel album, ce petit bijou de poésie et de beauté qu’est cet hommage-haïbun à Bashô. « Bashô le fou de poésie » et tous ceux qui le suivirent, pèlerins du haïku sur les routes de ce Japon du XVIe siècle.

Le plaisir aujourd’hui de feuilleter à nouveau ces pages, l’œil et le cœur, happés par ces haïkus limpides qui apparaissent ici et là. L’enchantement de suivre ce sentier de pas poétiques jalonnant le chemin de vie de Bashô, le lumineux maître de ces instants où naissent « les sons, les parfums, les jeux de lumière du temps »

Chemins d’humour et de rire aussi faits de clins d’œil et de malicieuses observations que ces haïjins n’hésitaient pas à noter sans affèterie (et surtout sans méchanceté) : simples petits cailloux semés au gré de sentiers, des étapes, des rencontres.

J’ai souvent eu la tentation d’orthographier le mot caillou en kaïhu, sorte de transposition ludique du mot haïku. C’est dire que je les ressens ainsi ces petits poèmes : fragments de joie pointillant notre parcours terrestre. Fragments d’amour aussi, de respect de la nature et des moindres manifestations de vie.

 

Qu’on me jette une pierre

j’ai arraché

une branche de cerisier

 

Un bien bel ouvrage d’art aux mots ciselés par Françoise Kériel, aux illustrations aériennes de Frédéric Clément à caresser du regard encore et encore. Jusqu’au choix du papier qui est un régal pour le toucher et… pour l’odorat. J’ai toujours pensé qu’un livre-papier touchait à la fois tous nos sens. Pour celui-ci, il me reste à évoquer bien sûr, le froissement du papier qu’on déplie pour y découvrir les mots, les couleurs. Quant au goût, sur l’éventail de couverture, n’est-ce point capucines qui se prélassent ? Ah ! le piquant ineffable des pétales qui ont pour moi la saveur des vacances, la saveur des paradis de l’enfance.

(Monique MERABET, 21 Juillet 2013)

 

 

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Monika 21/07/2013 17:34


Je partage ta passion pour les vrais livres (ils s'adressent à tous les sens) et quel bonheur alors s'ils sont beaux comme celui-là semble l'être ! Décidément, il manque à ma petite collection de
livres de haïku et de littérature jeunesse.

Monique MERABET 22/07/2013 08:49



Il a été publié en 2009 chez Albin Michel Jeunesse et c'est un des plus beaux fleurons de ma bibliothèque!



claude Guillon- Labetoulle 21/07/2013 14:21


Comment fais-tu ? Le haïku qui se change en Kaïhu, c'est vraiment une trouvaille! on en mourrait d'envie de ne pas y avoir pensé tellement ça semble couler de source. Et tu rends un bien bel
hommage à cet album quasi parfait; rien ne remplacera jamais un ouvrage peaufiné en beau papier à caresser, à humer et aussi à lire!


claude

Monique MERABET 22/07/2013 08:47



Ben! C'est que je suis Géniale , ma fille!



yann 21/07/2013 10:31


Je vais l'acheter .:-)