Dimanche, on tourne... les pages (35)

Publié le par Monique MERABET

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JACK LONDON

 

 

 

Premier Septembre,

 

Juste pour me décaler un peu de cette veille de rentrée, ce sera relâche aujourd’hui… Il faut avouer qu’aucune lecture n’a vraiment retenu mon attention cette semaine.

Je continue à marauder sur les sentiers rocambolesques de cette série fantasy « La guerre de la faille ». J’en suis à la fin du Tome 3 (sur quatre) : petite précision s’il y en a qui suivent ma pérégrination livresque. Mais, je ne vais pas revenir sur ces « passionnantes » péripéties. Ce n’est pas de littérature sérieuse, n’est-ce pas ?

Et puis, après le magnifique « peintre d’éventail » de Hubert Haddad, évoqué dimanche dernier, bien d’autres lectures semblent fades.

Alors, pourquoi ne pas en profiter pour évoquer Jack London, une vieille connaissance. Ses romans d’aventure avaient enchanté mon enfance. Jack London était un auteur très prisé lors des traditionnelles distributions de prix de mes jeunes années. En ce temps là, les bons élèves se voyaient récompenser par le cadeau d’un livre (Bibliothèque Rose, Bibliothèque verte, Rouge et Or…) La belle époque où le livre était révéré, respecté !

Jack London, donc.

 

Tout d’abord une relecture : « Martin Eden », son chef-d’œuvre.

J’avais aimé – énormément- lorsque je l’avais découvert, il y a quarante ans. Aujourd’hui, je mets un bémol à mon enchantement d’alors. Mais je crois que la qualité du roman n’en est pas la cause ; c’est tout simplement que l’environnement « littéraire » a énormément changé depuis le début du XXe siècle et les réflexions iconoclastes que porte le héros Martin Eden sur les convenances et les modes de la société de ce temps-là, semblent un peu désuètes.

Je retrouve beaucoup d’analogie avec ce que je peux ressentir à la relecture du « Jean-Christophe » de Romain Rolland : les deux héros, créateurs géniaux, Martin pour la littérature, Jean-Christophe pour la musique sont tous les deux issus de milieux modestes, et leurs sensibilités d’écorchés vifs les poussent à se rebeller contre toute l’hypocrisie et la médiocrité d’une culture établie.

J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à relire « Martin Eden » comme j’en éprouve à relire « Jean-Christophe »

 

Et puis, emportée par mon élan « londonien » et sur la foi, d’une alléchante quatrième de couverture et d’un titre sublime, je me suis précipitée sur « Le vagabond des étoiles » de Jack London.

« Confiné dans l’espace le plus surveillé d’une prison, Darrell Standing, sorte d’alter ego de London, va réussir l’exploit de s’évader ! Il le fait magistralement en revivant par la pensée ce que furent ses vies antérieures… » Voilà ce qui est écrit.

Las ! « l’espace le plus surveillé d’une prison » désigne par euphémisme un infâme cachot et le récit n’est que celui des tortures infligées au malheureux prisonnier ligoté dans une camisole de force. Je comprends qu’il soit nécessaire de dénoncer les conditions pénitentiaires dans les prisons des USA du début du XXe siècle, les abus de pouvoir, l’absence totale d’humanité des gardiens, etc. Faut-il pour autant se complaire dans la description détaillée des sévices subis, des souffrances d’un pauvre homme sur lequel s’acharnent les bourreaux sous de chimériques prétextes ? Étaler tant de cruautés finit par rendre irréaliste cet homme transformé en loque exsangue et qui résiste par une espèce jouissance masochiste à défier ses bourreaux. J’ai eu envie de lui crier : « Mais, meurs, meurs donc… Pourquoi s’acharner alors que l’issue est fatale»

Quant aux « existences antérieures », puisqu’il s’agit de s’y évader par la pensée, on aurait pu rêver à de riantes histoires d’amours, de tendresses, d’îles parfumées… Non ! Le héros semble fatalement voué à une chaîne d’existences épouvantables : le massacre des pionniers, un long calvaire de bannissement en Corée, une longue solitude sur un îlot rocheux des plus désertiques, des fins tragiques, etc.

Et tout cela, sans aucun espoir vers un monde meilleur, vers une spiritualité consolatrice. Oh ! En écrivant ces mots, je réalise soudain que tout compte fait, cette histoire (cette série d’histoires) n’est qu’une allégorie de l’existence humaine que Jack London jauge par le mauvais bout de sa lorgnette d’un pessimisme extrême. Après tout, tous tant que nous sommes, nous subissons le contrecoup des injustices, des douleurs morales et physiques et notre disparition est programmée même si – Dieu merci ! – nous ne finirons pas au bout d’une corde comme ce « vagabond des étoiles » sans étoile.

Aujourd’hui est un jour ensoleillé entre tous et mon jardin diffuse ses couleurs, ses parfums et ses chants d’oiseaux. Que ce dimanche vous soit doux et paisible !

 

(Monique MERABET, 1er Septembre 2013)

 

 

Publié dans LIRE

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Marcel 01/09/2013 10:14


Souvenirs.


NB : je ne posterai plus de commentaires sur les blogs, mais je les visiterai régulièrement.


Bonne continuation. Amicalement.


 

Monique MERABET 01/09/2013 18:08



Merci pour ton amitié, Marcel. Bonne continuation à toi aussi. Pour ma part, il est certain que je penserai à toi en écrivant sur mon blog.