Dimanche, on tourne... les pages (39)

Publié le par Monique MERABET

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LE BON GROS GÉANT

(Roald DAHL)

 

 

Dimanche matin, 7 h

 

Dilemme habituel du dimanche : que choisirai-je comme occupation aujourd’hui ?

Question piégée d’avance puisque je sais qu’il y a les incontournables : cuire les artichauts, les premiers de ma saison (Miam !), écosser les haricots noirs (c’est rare) ramenés du marché, arroser (seule parade à la sécheresse qui sévit)…

Cela fait trois fois que je me lève précipitamment de ma chaise afin de réparer un oubli : le sucre pour le café,  sortir les saucisses du congélateur, le stylo à l’encre bleue qui glisse si bien sur le papier,  le coussin qu’il faut enlever chaque soir à cause de ces chats qui…

Le chat, justement, qui arrive en tapinois…

 

Silencieusement

un gros chat roux se faufile

entre mes pensées

 

Tiens ! Un nouveau, de couleur fauve. Et - Comment l’appellerai-je ? – me vient l’idée d’une histoire de chats squatteurs que la maîtresse de maison chasserait à coups de haïkus, des mauvais (voir ci-dessus) que les félins ne pourraient supporter… tous les chats étant esthètes en haïkus, n’est-ce pas ?

L’idée m’en est venue après avoir commencé hier un petit roman Jeunesse de Roald Dahl, un ouvrage que je ne connaissais pas :

LE BON GROS GÉANT

Je précise tout de suite que dans « Le bon gros géant », il n’est question ni de chat, ni de haïku.

DAHL : un nom d’origine norvégienne. Peut-être est-il un descendant de l’inventeur du dahlia ? Ma petite parenthèse botanique est juste destinée à changer le cours de mes pensées, à les dévier d’une ÉNORME envie d’écrire sans être dérangée, à me ramener vers le quotidien. Que je ne succombe pas non plus à la tentation de tout laisser tomber – Adieu ménage, cuisine, jardinage ! – pour me replonger dans ce ravissant petit bouquin.

Jaune… il est jaune. Trop aguicheur en somme… Déjà ma main gauche – qui ignore ce qu’écrit ma main droite – s’occupe à tourner les pages pour retrouver celle que j’ai dû abandonner hier.

Je résiste… un peu, faiblement, timidement, mollement, pas du tout… TROP TARD !

 

Et c’est ainsi que quelques heures plus tard, je peux vous parler de ce bon gros géant (BGG), en lectrice comblée.

Comme toujours, entrer dans l’univers enchanteur de Roald DAHL, est un remède antistress d’une grande efficacité. Il sait manier avec maestria la drôlerie des mots, la poésie aussi avec ces cocktails de rêves à insuffler aux enfants qui dorment.

J’aime ce festival de calembours, de contrepèteries, de mots valises, bagadaines et calembretelles aussi délexquicieuse que la savouricieuse pétillante frambouille… qui fait crépiter, je ne vous dis que ça ! Un coup de chapeau à la traductrice (au traducteur ?) Camille Fabien qui a su trouver en Français des jeux de mots qui collent bien à notre langue comme ces hommes de terre dont se nourrissent les géants. J’aimerais bien voir la version originale en Anglais.

Eh oui !  Dans ce petit roman destiné  à notre tendre et délicate jeunesse, il est question de géants qui kidnattrapent et avalent les petits enfants. Les petits enfants anglais sont si savoureux… s’exclame le « gobeur de gésiers », l’un des membres effrayants de la confrérie des géants aux doux noms de « L’avaleur de chair fraîche », « Le mâcheur d’enfants » et autre « écrabouilleur de donzelles »…

Shocking ! Voilà de quoi remplir de cauchemars les nuits des jeunes lecteurs, pourrait-on penser. Alors, je termine par ce petit dialogue… plein de philosophie entre le bon géant et la petite Sophie :

Á la petite fille qui s’indigne que ces affreux mangent des humains, le bon géant rétorque :

 

- Mais les hommes de terre, eux, s’étripaillent sans cesse, poursuivit le BGG…. Les hommes de terre tuent sans arrêt d’autres hommes de terre »

…..

-  Il n’empêche, dit-elle, en essayant malgré tout de défendre ses semblables, il n’empêche que c’est affreux tous ces ignobles géants qui s’en vont chaque nuit manger des gens. Les humains ne leur ont jamais fait de mal.

- C’est ce que se dit chaque jour le petit porcelet, fit observer le BGG. Le petit porcelet se dit : je n’ai jamais fait de mal aux hommes de terre, alors, pourquoi veulent-ils me manger ?

 

… à méditer.

 

(Monique MERABET, 29 Septembre 2013)

 

Publié dans LIRE

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Monika 02/10/2013 15:45


Pour lire au moins quelques extraits de la version originale, tu peux te rendre ici (sur amazon) où l'on te permet d'y jeter un coup d'oeil.

Monika 30/09/2013 20:15


Ohhh ! Le bon gros géant de Roald Dahl ! Je le lisais à mes enfants quand ils étaient petits ! Et ils adoraient - autant l'histoire que les expressions très imagées. Oui, excellente traduction,
et quel plaisir de savoir qu'encore aujourd'hui, ce livre fait fureur !

Monique MERABET 02/10/2013 08:26



Ah! Cela me fait plaisir d'avoir votre approbation à Danièle et à toi... Je ne suis pas seule à rester dans l'enchantement de l'enfance.


Quant aux expressions imagées, j'aimerais vraiment lire ce que cela donne en Anglais.



Danièle 30/09/2013 15:41


Bravo, Monique ! Tu as bien raison de commenter ce très bon livre que j'ai également bien aimé. Une bien agréable détente pour petits et grands.


J'ai reçu ce matin "Bouffées entremêlées". Un très grand merci. Mais tu es terrible, tout de même. Je t'avais dit que... Ah, là, là !


Belle idée que cette "transcréation". Et le livre est agréable, sobre, chic.


Quant au contenu, je vais prendre le temps de le relire et de le savourer.

Monique MERABET 30/09/2013 19:25



Merci pour le "retour", Danièle. C'est toujours important de savoir comment son "oeuvre" est ressentie par d'autres.


 



Marcel 30/09/2013 09:30


Un haïku très original.

Monique MERABET 30/09/2013 19:22



Merci Marcel... C'est à peu près ce que j'ai ressenti