Envie de lire (15)

Publié le par Monique MERABET

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LE TOMBEAU D’ÉTOILES (Maxence FERMINE)

 

(ALBIN MICHEL)

 

 

 

Quatrième de couverture :

 

« J’étais jeune alors, sans dégoût de l’existence, tel un soldat à l’aube d’une bataille et qui traverse d’un cœur léger une lande de terre sans savoir qu’elle sera bientôt entachée de sang et qu’elle deviendra son tombeau. J’allais sans crainte vers mon avenir, enivré de ce philtre sournois qu’est l’espoir, croyant encore tenir dans ma main la clef de l’Eden alors que c’était celle des enfers. »

 

Au soir de sa vie, un homme retrace le long chemin qu’il a parcouru et les événements qui en ont déterminé le cours. L’enfance, la jeunesse, la guerre, l’amour pour Éléonore. Jusqu’au drame qui va bouleverser son existence.

Inspiré de faits réels, sensible, envoûtant, le nouveau roman de Maxence Fermine redonne cours à la période trouble de l’Occupation au fil d’une superbe histoire de vengeance et d’amour dans les paysages grandioses de la Savoie.

 

Mon avis :

 

Encore un livre sur la période de l’Occupation, m’étais-je dit en découvrant ce livre sur le rayon d’une librairie ! Et puis, le nom de Maxence Fermine (j’ai beaucoup aimé Neige et Le papillon du Siam) et surtout ce beau titre chargé de mystère, Le tombeau d’étoiles, m’ont attirée. Je ne le regrette pas. L’histoire, inspirée de faits réels, dit la quatrième de couverture, a la noblesse hiératique d’une tragédie grecque. Que peut le héros pour échapper à l’implacable arrêt du destin ?  Comment pourrait-il se dépêtrer de la nasse dans laquelle l’enferre un faisceau de circonstances dramatiques et inéluctables?  

Par la magie de son écriture épurée, l’auteur nous fait pénétrer dans ce huis clos d’une âme d’homme pris au piège et qui voit se refermer devant lui toute espérance. Même si,  la fin, est évoquée une occasion ratée qui aurait pu déboucher sur une réunion des deux êtres déchirés par le destin, nous n’y croyons pas, nous savons que cet impossible amour ne pouvait qu’être chimère. Et nous tournons la dernière page sur la solitude d’une vie ratée, avec fatalisme, un peu comme nous refermons une tombe.

En toile de fond, bien sûr, il y a la guerre, la haine, les délations des collabos, les règlements de compte au moment de la Libération ; il y a aussi l’héroïsme ordinaire de ceux qui sauvent, et surtout cette vie qui gagne malgré tout, en dépit de tout.

Une histoire bouleversante donc, celle d’une existence simple et digne qu’emporte le grand fleuve de nos vies.

 

Citations :

 

Je ne suis qu’une ombre dans un tombeau d’étoiles

Une ombre noire allongée dans un cercueil d’or

Et lorsque soufflera le zéphyr de la mort

Vers les froides ténèbres je mettrai la voile.

 

La vie continue. Elle n’a jamais cessé de continuer, en dépit de tout ce qui s’est passé. Le fleuve coule d’amont en aval, et il coulera toujours dans ce sens, qui est celui de l’ordre du monde et des choses.

 

Mais au fond, est-ce bien utile de lui donner un titre ou de connaître le nom de celui qui l’a écrit ? Il s’agit du testament d’un homme, c’est tout ce qui compte. Il y a tout dans ce poème. La détresse, la souffrance, la misère, la tristesse, le chagrin, la mort, l’horreur de la guerre.

 

Parce que c’est à ça que sert la poésie. Á rendre nos misères humaines plus supportables. 

 

(Monique MERABET)

 

 

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