Fin d'arc-en-ciel

Publié le par Monique MERABET

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FIN D’ARC-EN-CIEL

 

 

 

La journée commence bien : courir après l’arc-en-ciel dès mon réveil. Le ciel est pétri de gris et de bleu ce matin, avec quelques traces de la pluie de la nuit qui farine encore un peu. Temps idéal pour arc-en-ciel. Mais je ne l’attendais pas dans ce coin, la belle arche dissimulée par la masse haute de l’avocatier.

 

Matin pluvieux

au soleil les gouttes roses

des belles-de-nuit

 

Ce sont les oiseaux qui m’ont servi d’éclaireurs : une dizaine de piafs disposés sur la portée des câbles électriques. Ils se chauffent le ventre au soleil et je me demande toujours si leur arrangement sur les fils est si aléatoire qu’il paraît.

En tout cas, derrière la partition de pioupious, il était là, le bel arc déployé, le premier que je vois cette année, le marqueur d’un glissement de saison, peut-être. Les jours raccourcissent en Février et depuis quelques jours il fait moins chaud.

J’ai posé la pomme que je pelais et je me suis précipitée vers mon appareil photo afin de capter un peu de l’empreinte colorée. Belle journée.

 

Dévaler l’escalier

au risque de tomber

tout ça pour l’arc-en-ciel !

 

Mais tu as plein de photos d’arc-en-ciel !

C’est vrai. Mais pas celui d’aujourd’hui, du 18 Février. Pas de cet instant où je l’ai découvert, toute essoufflée d’avoir couru. Pas sur le ciel de ce matin qui se souvient encore de la dernière ondée. Pas avec les oiseaux au premier plan…

Chaque instant ne ressemble à aucun autre, n’est aucun autre. Unique. Je le vis là, pour la première fois, pour la dernière fois.

Et le bonheur de l’écrire, de laisser s’égrener les mots de mon cœur qui s’apaise aurythme de la musique des oiseaux.

 

L’oiseau lointain

module son long trille

un instant

 

La musique a le pouvoir de dilater le temps : cascades de notes qui se combinent, qui s’étalent pour remplir un intervalle bref de temps … bref si on le mesure au mécanise d’une horloge. Le flot des sons qui s’y engouffre, l’élargit, le fait éclater : plage d’infini qui s’étend. Le temps qui nous est offert ne nous est jamais compté : il s’inscrit dans l’éternité.

 

Arc-en-ciel de Février

se délitant

sous l’averse

 

(Monique MERABET, 18 Février 2013)

 

 

 

 

Publié dans Haïbuns

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M

Je ne sais pas pourquoi ce texte m'émeut particulièrement ...
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D

Hier, je n'ai pas pu écrire mon commentaire. Ton blog réserve décidément toujours de belles surprises.
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M


Remerci Danièle. Les surprises sont celles qui me sont offertes chaque jour. Je me contente de les transmettre. Ainsi cet arc-en-ciel...



P

Tiens tiens- c'est un haïbun qui en fait d'une pierre plusieurs coups (sous forme de couleurs de l'arc-en-ciel !). Il y a du rouge, de l'orang, du vert  aussi...;-)
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M


Tu m'as bien comprise, Monika! Un arc-en-ciel pour n'oublier aucune couleur.Et pendant ce temps là, je peux regarder tranquillement les nuages et la lune...