Fleurs de cerisier

Publié le par Monique MERABET

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LE CŒUR DU CERISIER

 

                                                                                             à Patricia,

 

Le printemps s’en souvient. Aux rameaux du verger,

Avril avait offert ses fleurs de porcelaine ;

La floraison pastel déferlait sur la plaine,

Nuage d’apparat flottant dans l’air léger.

 

Le souffle batailleur, prêt à tout saccager,

Le mistral dépouilla, fonçant à perdre haleine,

Un cerisier transi. La parure de laine

S’éparpilla… moutons, au pied du tronc berger.

 

Un poète s’émut du sinistre ravage :

« Maudit soit l’aquilon et sa fureur sauvage !

L’éphémère splendeur, déjà, s’évanouit. »

 

Il composait trop vite un chant de funérailles

Car, de cœur généreux, l’arbre se réjouit

D’accorder au sol nu, sa robe d’épousailles.

 

 

Publié dans Poésie de l'instant

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marie-andrée Fontaine 22/04/2013 05:48


Je suis délicieusement replongée dans mes livres de litterature qui m'ont fait découvrir et aimer la poésie! C'est si loin et ça collait tellement avec le romantisme de mes 15 ans.


Vif plaisir de te lire en ce lundi matin d'avril. merci.

Monique MERABET 22/04/2013 08:54



Ravie de te retrouver Marie-Andrée... Mais comme nous fréquentons les mêmes chemins de poésie... à bientôt.



Monika 19/04/2013 16:39


Wow ! Elle nous étonnera toujours, la prof de math ! Un sonnet en bonne et due forme ! À l'honneur de l'arbre et du printemps qui passe si vite... (ici, d'abord, il ne finissait plus de se
traîner les pieds, et maintenant, pour aujourd'hui, tout d'un coup, on nous annonce un 23 degrés Celsius... - mais rien ne sert de s'emballer, pour demain, ce sera à nouveau le froid : la
tempirature, comme a laissé échapper notre Miss Météo).

Monique MERABET 19/04/2013 19:06



Oui, ma poésie a connu une période "classique" et j'ai participé à moult concours. Aujourd'hui, j'ai délaissé ce mode d'expression, préférant une écriture plus spontanée et plus personnelle.


Tant mieux si le printemps met les bouchées doubles pour se faire pardonner tant de froidure!



Mariposa 19/04/2013 13:56


Quel sonnet magnifique Monique !


Je suis très émue qu'il me soit dédié ! Je vis une belle histoire d'amour avec mon cerisier et c'est vrai que chaque année, je me hâte de profiter de sa floraison car elle très très très éphémère
! Entre les giboulées et les grands vents de printemps qui soufflent sur ma région, les fleurs rouillent très vite ou sont emportées sur les ailes des bourrasques !


Cette année, je n'aurai pu en profiter que pendant 10 jours, ça y est, c'est fini !

Monique MERABET 19/04/2013 18:58



Merci Patricia pour cet éloge d'un sonnet qui date de 2006... Si aujourd'hui, je me tourne plus volontiers vers le haïku, je ne renie en rien ces poèmes un peu trop bien cadrés que j'ai pris
plaisir à écrire.


Petite précision: les cerisiers ne fleurissent pas en nos jardins réunionnais. Mais nous avons nos "cerises" de substitution: un arbrisseau dont j'ignore complètement le nom et qui se couvre
d'éphémères fleurs blanches et de petits fruits côtelés qui deviennent rouges et qui ont une saveur aigrelette avec une pointe d'amertume.



Marcel 19/04/2013 09:47


Le sonnet, certes désuet, est toutefois source de belles images poétiques.

Monique MERABET 19/04/2013 18:50



... de belles images! Aujourd'hui je préfère la vérité et la vie des haïkus