Graines, gousses, épis, etc. (10)

Publié le par Monique MERABET

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Graine d’enfance

(Anick BAULARD)

 

C’est un souriant souvenir d’enfance que je voudrais vous faire partager, aujourd’hui.

 

Mon père avait un sens certain de l’humour qu’il exerçait souvent à mes dépens, mais toujours avec bienveillance. Nous habitions Noyon, une petite ville de Picardie où mes parents étaient commerçants. On se connaissait bien, on était même complices lorsqu’il s’agissait de faire une blague. C’est ainsi qu‘un certain premier avril, j’avais alors neuf ou dix ans, je dus faire, vainement on s’en doute, la tournée des trois quincailleries de l’endroit à la recherche de « clous à deux têtes » commandés par mon père. Les trois quincailliers m’avaient renvoyée de l’un à l’autre et avaient bien ri !

« Mais quel rapport avec les graines ? » me direz-vous. J’y viens, ce qui précède n’était que pour planter le décor !

 

Un autre magasin noyonnais fut la cible d’une plaisanterie paternelle, c’est la graineterie de la rue des Boucheries, propriété de M. André Gosse. Comme tous les enfants, je me posais cette question existentielle et lancinante : « D’où viennent les bébés ? ». On m’avait servi successivement les choux, les roses, les cigognes, mais tout cela ne m’avait pas satisfaite. Un jour que je m’en ouvrais à mon père, il me déclara que les enfants naissaient d’une petite graine, mais d’une graine spéciale qui ne se trouvait pas partout. Comme j’insistais pour savoir où l’on pouvait se la procurer, il m’emmena devant la graineterie et me dit : « C’est là. Tiens, si tu ne me crois pas, regarde ce qui est écrit au-dessus de la vitrine ». Je levai les yeux et lus « GRAINS   A. GOSSE   GRAINES ». Devant l’évidence, je ne trouvai rien à dire sinon que… « Ils auraient quand même pu mettre un « s » à GOSSE » ! La boutique n’existe plus aujourd’hui mais l’inscription y est encore. Si vous passez un jour par Noyon, allez donc voir, vous aurez vous aussi la réponse à l’un de ces profonds mystères qui hantent l’enfance !

 

 

 

Anick Baulard

 

 

Publié dans GRAINES

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C
<br /> <br /> Merci Annick pour cette histoire pleine d'humour qui m'a ramenée au temps de l'enfance où le 1er avril était encore une affaire intergénérationnelle. Je me souviens d'avoir fait les boutiques du<br /> village où j'ai grandi et d'être revenue penaude sans avoir été capable de rapporter un morceau de la corde à accrocher le vent ou un bidon d'huile de coude, pas plus que la clef du champ de tir!<br /> <br /> <br /> claude<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> J'aime beaucoup ton histoire, Anick. Et -coïncidence! - moi aussi j'ai écrit sur "la petite graine".<br /> <br /> <br /> A voir demain...<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Très joli souvenir Anick. Souvenir qui m'a fait voyager dans le passé.<br /> <br /> <br /> Mon Papa, aussi, avait beaucoup d'humour et j'en faisais souvent les frais. Mais j'en garde un tendre émoi lorsque je pense à lui. Je vivais à Berck sur mer, ce n'est pas très loin de Noyon.<br /> <br /> <br /> Amicales pensées. Roselyne<br /> <br /> <br /> <br />
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