Graines, gousses, épis, etc. (8)

Publié le par Monique MERABET

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Un p’tit grain de poésie, deux p’tits grains de fantaisie, trois p’tits grains de folie…d’utopie. (Troisième partie)

(Camille PAYET)

 

De la nature, l’homme est le plus féroce prédateur.

Supérieur, plus intelligent, pense t-il, il s’arroge des droits, des pouvoirs

Jusqu’à te dominer, ô mère nourricière, en oubliant ses devoirs.

Abattre des forêts, détourner ou assécher des cours d’eau,

Construire de plus en plus, en n’importe quel lieu.

Faire des cultures intensives, un élevage toujours plus productif,

Concocter, bien sûr, les produits chimiques, ces poisons maléfiques,

Qui lui font mener à bien ses funestes desseins.

Jusqu’à, des plantes, modifier la génétique,

Quitte à te mettre en péril toi et ses propres congénères,

Pourvu qu’il amasse de colossales fortunes

Qu’il entasse, or, argent, nouveaux dieux qu’il adore.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme…

Adieu respect, responsabilité. Vive la compétitivité, la rentabilité !

Grains, on vous détourne de votre mission première,

Celle de nourrir l’humanité entière. On vous arrache de plus en plus des mains de vos artisans,

Je veux parler bien sûr des paysans

A qui on a volé leurs terres,

Qui, compétents, savent comment faire

Pour vous faire pousser, vous entretenir, sans vous empoisonner.

Qui attendaient de vous juste assez de nourriture,

Pour faire vivre leur famille, leurs enfants, leurs frères.

Vous voilà  otages des grandes multinationales, pour produire de la viande en quantité incommensurable,

Du carburant, pour faire rouler leurs innombrables voitures.

Gaïa, terre nourricière universelle autrefois vénérée,

Te voilà aujourd’hui en captivité, réduite à l’esclavage,

A une espèce de vache, excuse-moi ce mot, je ne veux pas t’offenser,

Que l’homme, imbu de la puissance de sa technicité,

Trait à volonté, en pressant à son gré, les pis de ta généreuse mamelle.

Te voilà devenue, simple femme, qu’il peut user, abuser, empoisonner,

Quand il veut, en toute impunité. Toi, d’abord soumise, tu fais ce que ton orgueilleux maître t’impose.

Tu produis toujours plus comme il te l’ordonne,

Boostée, dopée par toutes sortes de drogues, d’hormones.

Jamais il n’y eut tant de blé, de riz, de viande, de denrées,

Dont certains se gavent et en deviennent obèses,

Quand beaucoup d’autres meurent de faim, dans l’indifférence générale.

Terre, j’ai honte de notre non-humanité, de notre égoïsme démesuré.

Jamais il n’y eut non plus tant de déchets, de consommation, de gaspillage.

Mais, trop, c’est trop. Asphyxiée, polluée, étouffée, tu ne peux plus tenir.

Avant de rendre l’âme, tu veux réagir.

On entend tes cris de révolte, de colère, de souffrance.

 Tu débrides tes typhons, tes cyclones, tes tempêtes,

Tes séismes, tes volcans, tes tsunamis, tes inondations. Veux-tu par tes réactions, nous mettre un peu de plomb dans la cervelle, de conscience dans nos têtes ?

Veux-tu nous faire comprendre que l’argent, le profit ne peuvent être nos seuls maîtres ?

Qu’il faut allumer la lumière de nos cœurs, nous rendre responsables de ce patrimoine à transmettre, propre et sain, à nos descendants ?

Que ce progrès qu’on cherche à n’importe quel prix est dangereux et funeste ?

Veux-tu nous prévenir de ce qui nous attend si on ne revient pas à plus de sagesse ?

L’entendons-nous ?

Sommes-nous prêts à plus de conscience ?

A quand, plus de collaboration entre les êtres vivants ?

A quand une harmonie avec notre environnement ?

A quand une vie plus simple au rythme des saisons ?

Une vie de partage, de raison ?

Nou lé antrind détruir an in tiguiguine de tan, sak la natur la mi dé milion dané  pou konstruir.

Nü doi shanj not konportman, konsomé moin, moin jeté, oküp nout déshé.

Nü doi ète plü solidèr, plü réspéktuë èk nout lanvironeman.

Maladi grav kom kansèr, Parkinnsone, Aiyezalmër, maladi le kër, i arète pa ogmanté.

Nü anpoizone la tèr, lé plante : sa  i rëtourn sü nou, retour dbaton la déjà komansé.

Kroi pan si ou nora toujour toute an kantité, ke nou pë san domaj gaspiyé ;

Produi shimik, lé pa danjërë…par tite doz, lé pa mové pou la santé !

Rienk de moune i fabrik ou i vand poizon la, i koz komsa, i sorte kalité mansonj parèye.

Zot i voi pa plu loink zot boudné, pa plü loink zot portmoné.

I prann anou poud zinbésil, kosa? Na lontan nü kroi pü Pérnoèl pourtan.

Pèrd pa nout léspri kritik, nout listin konsèrvasion. Lèss pa sa mor , foutor !

Obli pa si nou kontinü komsa, la tèr va rëtourn kom dann tan lontan, sèk kom in graton,

Tounü kom in dézèr avèk rien dësü, mé avèk inn grande diférans :

El i sra in lanfèr étoufan, anpoizoné, ousa toute vi i gingnra pü nètr, grandir, mültiplié.

Nou sra pü la pou oir sa, lé vré, ankor ke…mé noute zanfan, noute frèr, noute sër, lumanité ke vavnir apré nou, na bien lë droi dvoir in ti grin jérmé, inn flër fane son bon lodër,étal sa boté, na le droi alonj a lomb in piédboi pou gingn le fré, na le  droi manj in frui sükré, viv sü inn tèr prop, générëz kom nou la gagné.

 

 

 FIN

 

 

Publié dans GRAINES

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L
<br /> <br /> «Cet enfant qui boit dans le creux de sa main, m'apprend que je conserve encore du superflu.».Diogène de Sinope<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Bravo Camille pour ce manifeste écologique vibrant d'amour et d'espoir. Tu décris si bien les merveilles qui nous entourent et la mence qui pèse sur elles par la faute de l'homme.<br /> <br /> <br /> J'en avoure chaque ligne, chaque mot, chaque graine comme la musique du chant vert de la terre. Merci pour ce magnifique plaidoyer.<br /> <br /> <br /> <br />
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