L'ané volkan la pa vnï abou koulé (4)

Publié le par Monique MERABET

IV

Févrié l’arivé

Konpèr Volkan la rouv son zië

 

 

 

Lo moi té déjà bien avansé mé lo papang lavé pa dingne pointe son bèk anfariné pou lï vnir trape son gardmanjé komision. Solman, lavé pa bezoin alé rode in marabou-dovinër pou konprann akoz.

Sito Konpèr Volkan la lèv in boute popièr, na in lavalass la plui la rante par son trou d-kanèt. An-o sï son tèt, do lo té i tonm an poundiak, té i fofil an kaskade dann son sheminé. É lo volkan, malgrék lï lé an rosh, lï té i trouv pa sa kalou dïtou.

Alor, koz pa pou in pov ti papang ! Zoizo-la na poin la plïme kanar, sa ! Lï noré solman ésèy bate in ti guiguine la zèl dëor, lï noré pran shomin pou arsanm in vië shifon d-pié té fine ansèrvi par toute in famiy douzanfan « Bondië i done ».

Plok ! Plok ! bann goute do lo té i pèt anflër sï ninportakèl ti karo la rosh ; bann rigol té i kaval an ravine sï lo do Volkan, té i digdig alï a droite, té i digdig alï a gosh, té i digdig alï dann milië. Lo malërë boug té oblijé rir malgrék son sitïasion té pa tro katogan. Éksa, toute son trikodpo la tèr té fouyé, arfouyé, té arashé an gro gazon pou alé pérde anbalaba, dann in gran trou la ravine, sinon dann bor la mér.

Ah oui ! Volkan lété dann malizé, rapor ke lï navé minm poin in vië goni pou lï jèt sï son dë zépol, pou lï anpar la plui.

É, marmay ! Sa la done kalou. La plui la kontinïé tonbé, tonbé, plïzanplï for. Té i trouv pï lo boute mi di aou.

A kroir k’in délïj té i sar dïr karante jour, karante nuite, konm i fé dann zistoir i rakonte dann liv katéshiss. Kaminmsa, pou dir la vérité vré, lé sïr ke lo katakliss té i sar dïr in pë moin lontan : dan inn ti moi lé fay konm lo moi Févrié, la pa moiyin konte karante jour. I tir pa do lo dan inn rosh.

Konpèr Volkan, konm nout toute isi anba, lété bien oblijé sïporte son malërë sor. Alor, lï la rès rakokiyé dan inn ti grote lï la bien kolmaté sanm la taye sourishod pou anpèsh koulé. É konm toute domoune dan la mizèr, lï té i rèv nora in jour i apèl botan. Lï té i kalkïl :

- Mé foutor ! Zot i pérde pa rien pou atann ! Konm i di bann vië Granmontagne mon péi : « Kan la plui la fini, solèy i sar ri ». É moin mi rajoute pou lo konpléman : « Mi sar fé voir azot fë dartifiss avan katorz Juiyé, aspèr in kou ! »



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(Photo Monique)
 

IV

Février arriva

Compère Volcan ouvrit les yeux

 

 

 

Le mois était déjà bien avancé mais le papangue n’avait pas daigné pointer le bec pour venir remplir son garde-manger avec la manne promise. Seulement, il n’était pas nécessaire d’être devin pour en comprendre la raison.

Aussitôt que Compère Volcan souleva un bout de paupière, une cataracte de pluie envahit ses orbites. Sur sa tête l’eau se déversait à flots, tombant en cascades dans son cratère. Et même s’il est de pierre, le volcan ne trouvait pas cela agréable du tout.

Alors, imaginez un peu ce que cela pouvait être pour un pauvre petit papangue ! Cet oiseau-là n’a pas de plumes de canard… Il aurait seulement essayé de battre un peu des ailes dehors, il aurait été en passe de ressembler à un vieil essuie-pieds ayant servi à toute une famille nombreuse.

Ploc ! Ploc ! Les gouttes éclataient sur la plus infime portion de roche. Les rigoles ravinaient le dos du volcan, le chatouillaient à droite, le chatouillaient à gauche, le chatouillaient au centre. Le malheureux était obligé de rire même si sa situation n’avait rien de confortable. Avec ça, tout son maillot de terre était fouillé, refouillé, arraché en grosses mottes pour aller se perdre au fond de quelque ravine ou dans l’océan.

Ah, certes ! Le volcan se trouvait dans une sacrée mouise… d’autant qu’il n’avait même pas un vieux sac à jeter sur ses épaules pour se protéger de la pluie.

Et, mes amis, cela tapait dur ! La pluie tombait, tombait, de plus en plus fort. On n’en voyait pas la fin.

Á croire qu’on allait connaître un nouveau déluge qui durerait quarante jours et quarante nuits comme celui qui est raconté dans la bible. Mais, tout de même, à dire vrai, cela durerait certainement moins longtemps : ave un mois raccourci comme celui de Février, pas question d’atteindre quarante jours. Á l’impossible, nul n’est tenu.

Compère Volcan, comme nous tous ici-bas, était dans la nécessité d’accepter son sort. Aussi se contenta-t-il de rester recroquevillé dans une petite grotte qu’il avait colmatée avec les déjections de chauve-souris pour empêcher les infiltrations d’eau. Et comme tous ceux qui sont dans le malheur, il rêvait au lendemain où il ferait beau. Il se disait :

- Mais, bon sang ! Vous ne perdez rien pour attendre ! Comme dit une vieille montagne de mon pays, « Quand la pluie finit, le soleil rit ! ». Et moi, je rajoute en complément « Je vous promets de vous faire voir un feu d’artifice avant le quatorze Juillet ! »

 

 

Publié dans Faux départ

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P
<br /> Monique tu es en train de faire un travail colossal de traduction et c'est superbe. Tu arrives à trouver les expressions françaises qui collent bien aux images de ton texte en créole.<br /> Cela donne à des lecteurs non initiés au créole, des tas de détails sur la vie d'ici et c'est savoureux...Continue ce faux-départ auquel ne manquait que la traduction, pour qu'il soit<br /> accessible à tous nos amis d'ailleurs. Ils vont sans doute se régaler autant que moi... Bravo! Huguette.<br /> <br /> <br />
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