Les 10 mots du 10 Mars (VI)

Publié le par Monique MERABET

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Ecrire

(Christian FONTAINE)

 

C’est bien la première fois ou presque que je me mets à écrire un texte avec la consigne d’y intégrer dix mots tels que « âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe et transport ».

Je voudrais que ce soit une histoire amusante ou peut-être délirante voire émouvante. Mais j’ai déjà fait plusieurs brouillons que j’ai déchirés. Insatisfaisant ! Ce n’est pas si naturel que ça, le métier d’écrivain. Tout petit, on vous envoie à l’école et non seulement on veut vous apprendre l’orthographe, mais on souhaite même vous voir écrire de belles rédactions.

 Mes premières émotions de rédacteur remontent à l’adolescence, en classe de quatrième, avec des sujets à traiter donnés par le Père RITTER. Il s’agissait de raconter une promenade ou une rencontre, par exemple. J’y mettais toute mon âme. Quand le professeur rendait les copies, le soir, dans la classe, tous les camarades étaient attentifs à leurs notes. J’ai été parfois primé et je connaissais alors des transports de joie. Ma fibre littéraire apparaissait en filigrane dans ces rédactions juvéniles. Cela me suffisait et forgeait mon caractère de scribe.

L’école a pour devoir de vous rendre maître des mots, mais cela ne suffit pas à faire de vous un génie littéraire. Bien plus, il arrive même qu’elle vous enlève tout plaisir d’écrire, et que vous confiez à d’autres le soin d’écrire pour vous.

Toutefois, le déclic, un jour, peut se produire et des histoires peuvent naître de votre cerveau, bizarrement comme un homme marié se découvre un jour homo. On veut alors vivre autrement, chez cet ami qui a le même penchant que vous.

Entrer en littérature comme on entre en religion, se laisser surprendre par des capacités insoupçonnées à poser les mots les uns à côté des autres, comme tout petit on a posé une syllabe à côté d’une autre pour comprendre le sens des signes que les hommes ont inventés voici des milliers d’années, n’est-ce pas merveilleux ?

 La vie est moins lourde, moins servile quand on sait écrire. Les Grecs de l’Antiquité nous ont légué un grand héritage. Leur rayonnement est tel  qu’aujourd’hui encore on les lit, on les joue, on les imite et je n’arrive même pas à leurs chevilles. Mais j’y songe !!!

Fontaine Christian         Février 2012

 

Publié dans Dix mots

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monika 17/03/2012


Réflexion intéressante sur la manière dont on devient - peut-être - "écrivain". Mais qu'est-ce unE écrivainE ?


En tous cas, comme vous, j'aime l'écriture et je considère que même si la mienne n'est ni "extraordinaire" ni "géniale", elle m'apporte beaucoup.