Octobre

Publié le par Monique MERABET

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OCTOBRE

 

 

 

Qu’est ce qu’il lui prend à notre mois d’Octobre pour  régresser ainsi en coup de froid, en coup de vent ?

Moi qui avais déjà rangé sweater et chaussettes…

 

chaussettes à la main

je joue à me faire froid

aux pieds

 

Ah ! ce vent frais, que je n’ose dire froid… ce ne serait pas décent. Je pense à ceux de là-bas, d’outre-mer, qui commencent à ressentir la baisse des températures automnales en même temps que les jours raccourcissent.

 

alizés d’octobre

son premier automne à Pau

elle sort sa polaire

 

Bien sûr, je n’ai pas de quoi me plaindre à Saint-Denis. Mais aujourd’hui, j’ai la tentation de le dire froid ce matin d’Octobre. Le froid de la déception après les iris, les pendulas, les fleurs ds manguiers et ces mangues déjà jaunes au marché du vendredi, et ces petites pêches de plein champ que j’ai dégustées…

Au fond, c’est toujours par comparaison que nous ressentons le plus ou moins chaud, le plus ou moins froid, le laid, le beau.

 

ène ti bruine i lèv

la fré oboute mon doi d-pié

sa lo moi Oktob ?

 

Et la pluie qui s’en mêle, en plus ! J’ai suivi l’avancée des nuages gris, les blancs étant repoussés vers l’oust, aux confins de mon horizon. Mais la pluie s’est vite tue, ne laissant que cet archipel de gouttes sur la feuille luisante d’une plante grasse. La pluie s’est rappelé qu’elle n’était pas de saison : elle n’a duré que le temps d’un souvenir de ces hivers du Plate, ces hivers où ils étaient encore là.

 

après la pluie

j’ai vu des fleurs

au lilas de Perse

 

Au soleil retrouvé, le jardin se découvre soudain une riante physionomie et les oiseaux me reviennent, sillonnant l’espace de leur vol rapide, jacassant autour du riz de la veille, se livrant à de mystérieuses acrobaties dans les ricins tressautants. Les oiseaux ont-ils des jeux d’enfant ? Connaissent-ils ces paris innocents, savoir qui, qui, qui… sera le meilleur, le plus fort ?

 

au bout du rameau

quel moineau va résister

le plus longtemps ?

 

(Monique MERABET, Octobre 2011)

 

 

 

 

 

Publié dans Haïbuns

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claude Guillon-Labetoulle 14/10/2011 10:04



Une bien belle évocation de ces frimas du petit matin qui ne semblent pas vouloir finir cette année. Le discret rappel du temps passé et de ceux qui n'ont plus froid m'a beaucoup émue car il
m'arrive aussi de sentir la présence des miens...claude