Parfums (1)

Publié le par Monique MERABET

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Parfums

 

Autrefois, dit-on, on se lavait peu et les fortes odeurs corporelles se cachaient avec un parfum. Les temps ont changé, la propreté est de rigueur, mais est-ce suffisant ? Non ! Car  l’homme et surtout la femme ont besoin de plaire… et les petites fioles à parfums se vendent comme des petits pains.

Ce matin ma grande fille est passée à la maison, toute parfumée. Cela m’a plu et je l’ai sentie pleine de bien être. Mens sana in corpore sano, ai-je pensé.

Si l’homme aime les parfums, c’est sûrement la Nature qui lui en a donné l’envie. Pourquoi les fleurs sentent-elles ? Est-ce seulement pour attirer les abeilles ? Et si Madame sent bon, est-ce seulement pour attirer Monsieur? Non ! On veut certainement imiter la Nature ! La Nature et l’homme veulent l’une de manière innée, l’autre de manière culturelle se révéler dans leur beauté intrinsèque. L’homme veut sentir la rose, le jasmin ou la lavande, car la rose lui a dit : « Imite-moi ! », mais le jasmin jaloux ajouta : « Si je te plais, cherche mes vertus ! » et après la lavande continua : « Distille-moi et tu seras ce que je suis, lavande un jour, lavande toujours ! »

Ainsi l’homme se veut fleur et répandre autour de lui, quand il se dépasse, une bonté odorante, chasser le nauséabond, être en odeur de sainteté et cultiver son jardin.

Son jardin. C’est là qu’il plante son vanillier dont la fleur est restée si longtemps mystérieuse. Alors il se veut Albius pour lui soulever sa jupe et procéder délicatement à sa  fécondation. Puis il en cueillera les gousses qu’il va si bien préparer qu’elles aussi exhaleront un parfum inoubliable qui le transportera peut-être vers la lointaine Amérique, sa terre d’origine. Et si son nez est en extase,  sa langue en redemandera de ses gâteaux vanillés.

Si les fleurs en général sentent bon, que dire de certains fruits ? « Ca sent la banane, la vanille et le cumin », chante Jacqueline Farreyrol, notre aède des îles. Et si nos bouches en les mangeant sont parfumées, pourrions-nous mentir ? Il en sortirait des crapauds, comme le rappelle si bien un vieux conte ! Non, non, non ! Mieux vaut dire la vérité. Nous pourrions dire plein de belles choses, nous  extasier : « Que la vie est belle ! Comme la Terre est magnifique ! Protégeons-la ! Apportons-lui notre ardeur à s’épanouir ! Et le kiwi ne dirait pas non ! Et le jacque attirerait toutes les Jacqueline et les Jacquot de l’île !

 

 

 

Certaines plantes ne finissent pas de nous épater en  nous livrant des  secrets qu’on exploite parfois : Il en est ainsi du vétiver dont les racines se tressaient en petits objets parfumés, boîtes à bijoux ou éventails, du côté de Cilaos ou de Saint-Philippe. Aujourd’hui ces petites merveilles ne se rencontrent plus et notre connaissance des arts et techniques se réduit.

Enfin, le jour de notre grand départ, ne souhaiterions-nous pas emporter  à six pieds sous terre une petite fiole de notre parfum préféré, comme le faisaient les pharaons dans leurs tombes grandioses ? « Mais surtout dans nos meilleurs souvenirs, ne nous voyons-nous pas accordés à la rumeur de la forêt et au parfum des sous-bois » comme le souligne Daniel Lauret dans « Raider » ? 

 

Christian FONTAINE    mai 2012

Publié dans PARFUMS

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