Petits poèmes

Publié le par Monique MERABET

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PETITS POÈMES EN VRAC… ET EN PROSE

 

 

 

J’ai photographié la lune ce matin : globe d’opaline, flottant dans l’air au-dessus de ce nuage encore rose des (presque) premiers rayons du soleil.

Rendez-vous discret du matin. Le soleil, lui, ne se voit pas encore. Le soleil, d’ailleurs, ne se laisse pas regarder en face ; sa Majesté radieuse de Prince de la Lumière ne se laisse pas caresser des yeux comme cette lune floconneuse. Hiver austral… Il a neigé sur la lune ?

Un haïku ? Un poème ? La lune est la plus douce des inspiratrices, muse de nuit, muse de jour !

Un trille de moineau fait vibrer le câble sur lequel il s’est installé ; chant parfait d’invite et de louange. Chante pour moi, petit oiseau ! Chante pour « notre Père qui es aux cieux ». Ma voix du matin coasse un peu ; je la remplace par mes mots. Mais ton chant est plus pur que mon poème.

Tes chants sont aériens, comme ces nuages qui échapperont éternellement aux croisillons de câbles qui enserrent le ciel… de plus en plus serré chaque jour. Capturer le ciel dans un filet de métal et de plastique, voilà bien une idée d’humain !

Heureusement, monte ce chant d’oiseau pour élargir les mailles de l’absurde filet. Et le ciel s’envole tout là-haut, hors d’atteinte de nos Babel chimériques.

Deux piafs un peu flous reposent sur la portée de fils électriques. Ce sont eux les porteurs de ciel et de nuages… et de mon cœur qui bat, qui cogne, qui rêve aussi d’aller voir là-bas où l’azur est plus bleu. Mon cœur qui s’affole d’être soumis aux pesanteurs d’un monde où guette une grue rouge.

Petits cousins d’apesanteur, ne les laissez pas s’approcher trop près. Mes pensées cheminent vers vous comme vers un bouclier capable de me préserver de leur désespérante efficacité.

La lune a bien fait d’aller gîter de l’autre côté, la lune à qui j’ai fait un cadre de manguier.

La lune me sert généreusement de modèle, sans bouger. J’ai largement le temps d’ajuster mon zoom. Pas comme avec les oiseaux des fils dont je voudrais graver les courbes shofsolèlozoïdes qu’ils dessinent en petits points lumineux. Le temps de choisir le meilleur cadre de prise de vue (celui qui embrassera le maximum d’oiseaux) et… Pffft ! Toute la bande s’égaille. Je n’ai même pas eu le réflexe d’appuyer sur le déclencheur pour les avoir en mouvement : flous mais en vol.

Pas comme avec ce lézard vert qui, hier, se faisait tout petit, kolé séré contre la tige du cœur-de-bœuf.

Bon ! Il me reste les amaryllis. Ils ne risquent pas de s’envoler. Mais à part le premier, pleinement épanoui, les autres n’ont guère progressé je trouve… à vue d’œil. Faut dire que nous sommes en phase de lune décroissante. Voilà pourquoi…

Mon haïbun est raté. Où sont les haïkus, me direz-vous ? Où ? Où ?

Les haïkus sont cachés dedans, à ceux qui sauront les capter. Moi les miens sont mal lunés. Ils resteront au carnet.

 

(Monique MERABET, 26 Juin 2013)   

 

 

Publié dans Poésie de l'instant

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claude Guillon- Labetoulle 14/07/2013 20:50


Une bouffée d'air frais tes petits poèmes.J'aime bien ton point de vue sur le soleil et la lune...je préfère cette dernière qui est tellement plus riche en nuances et tellement moins agressive!


claude

Monique MERABET 15/07/2013 08:28



Merci Claude!


Premier jour de Ramadan


lève la tête


sourire de lune



Joly Isabelle 11/07/2013 10:05


Bonjour poète et soeur de la lune,


Pour cet hymne à la beauté du matin qui nous apporte la grâce de tes mots qui suffisent à enchanter la journée.


Merci


 


 

Monique MERABET 15/07/2013 08:23



La lune... Bien sûr, j'ai pensé à toi en écrivant, Isabelle!



Marcel 10/07/2013 08:54


"Pardonnez-moi mon ignorance


"Pardonnez-moi de ne plus connaître l'ancien jeu des vers


Je ne sais plus rien et j'aime uniquement


Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes


Je médite divinement"


a écrit Apollinaire... alors !

Monique MERABET 10/07/2013 18:32



Très beau texte que je ne connaissais pas. Merci marcel.



Monika 09/07/2013 21:35


P.S.


Désolée, j'ai oublié de nommer l'auteur de cette définition (ou plutôt, caractérisation) du haïbun. Il s'agit de Seegan Mabesoone.

Monika 09/07/2013 21:29


Un haïbun sans haïku ! Mais oui, ça s'peut, sans que le haïbun ne soit nécessairement "raté" - est-ce que je t'ai déjà parlé de la définition que fait du haïbun ..... dans L'écho de l'étroit
chemin, no7 ? Tu peux le consulter en ligne, en cliquant ici.

Monique MERABET 10/07/2013 18:27



Je vois que nous avons les mêmes lectures, Monika. L'écho de l'étroit chemin, je le parcours assidument (et j'y participe aussi). Le numéro 8 vient de sortir et il est très bon!