Ruines (9)

Publié le par Monique MERABET

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(Qui a reconnu Punky?)

 

 

 

Inexorablement.

(Camille PAYET)

 

 

Quand,face à une ruine, je me place,

Inexorablement, je vois la réalité des méfaits

Du temps qu'il fait, du temps qui passe...

Dans l'espace, proche ou lointain,

Ce n'est que cicatrices, lézardes,

Déchirures, éboulements, décombres.

Même s'il reste quelques traces

Qui rappellent que la vie s'épanouissait en ce lieu,

Que des mystères se jouaient en cette place,

Même si mon imagination, mes rêves se débrident et se lâchent,

Même si, du passé, je retire connaissance, expérience certaines,

Même si je sais que tout finit par renaître des cendres,

Que la vie, telle une source, une divine fontaine

Déroulera malgré tout son cours permanent, pérenne,

Il reste dans mon cœur un peu de mélancolie, de nostalgie, de peine.

 

 

Avec le temps va, tout s'en va...

Usure du temps qui passe,

Temps très long qui prend son temps,

Qui dégrade à peu près tout sur son passage,

Qui ne nous laisse en héritage,

De sa collection, que ses plus beaux fleurons:

Grands monuments, châteaux, cathédrales,

Chefs-d’œuvres, joyaux architecturaux,

Que l'homme, jalousement, entretient, restaure et bichonne,

Qui, pour les pays qui les détiennent, sont de véritables trésors,

Que l'humanité curieuse jamais ne se lasse de voir, de revoir,

Jalouse peut-être de leur longévité, de leur éternelle et insolente jeunesse,

Comme pour conjurer le sort de la mort qui la guette.

 

 

Avec le temps va, tout s'en va...

Soudainement, en un clin d’œil, en un rien de temps,

Dans les séismes, les tempêtes, les tsunamis, les inondations,

La furie se déchaîne,

 

 

L'espace craque, se déchire, s'effondre ou disparaît,

Laissant derrière lui,

Des champs de cris, de douleurs,

De blessures, de deuils, de misères,

Ruines matérielles et ruines de l'âme humaine.

 

Avec le temps va, tout s'en va...

Le temps des guerres qui crachent feu et sang,

En cachant sous les bannières des politiques, des religions,

Des cimetières d'innocents.

Le malheur, la peur à jamais gravés dans les cœurs,

La désolation des ruines de contrées entières.

 

Avec le temps va, tout s'en va...

Usure du temps qui passe,

Qui me retire les êtres que j'aime,

Ma mère, mon père, un frère, une sœur,

Un ami, présent dans les moments de joie, de douleur.

 

Avec le temps va, tout s'en va...

Outrage du temps qui me dégrade le corps.

Pour ne pas crouler trop vite,

J'essaie de te contrer, ô temps.

Je me défends.

Je continue à apprendre. Je fais un peu d'anglais.

Je lis, j'écris, je fais des mots croisés.

J'exerce ma mémoire.

Je chasse mes idées noires.

Je m'active, je peins, je bricole,

Je fais les choses que j'aime.

Je fais un peu de sport,

Je prends ma guitare, mon banjo,

J'essaie de manger bio.

Je veux être vivant,vivre le présent,

Aller au bout de mes rêves.

Suspends ton vol, ô temps !

Laisse-moi une trêve...

Je m'entoure de poules, de canards, de plantes,

Dont la vie insouciante rend la mienne plus présente.

J'aime Punky, mon chien fidèle.

Je dis je vous aime à ceux que j'aime.

 

Je n'en manque pas l'occasion.

La vie, comme dit le philosophe,

Ne se compte pas par le nombre de respirations prises,

Mais par le nombre de moments qui nous ont coupé le souffle.

 

 

Mais ma peau se tache et se ride.

Mes oreilles perdent de leur finesse.

Adieu les yeux de ma jeunesse.

Mes forces, ma santé déclinent.

Inexorablement, je tombe en ruine.

 

 

 

Publié dans RUINES

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Joséphine 21/05/2011 08:52



De beaux poèmes ! Bien le bonjour !