Un corps en automne

Publié le par Monique MERABET

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Quatrième de couverture

isabel Asùnsolo

 

isabel est d’abord et avant tout poète et haïjin. Elle est l’auteur de divers recueils de poésie et de haïkus.

isabel Asùnsolo est aussi directrice de la maison d’édition Liroli à Beauvais (Oise), maison spécialisée dans le texte court, la micronouvelle, le haïku.

Á retrouver sur le site http://www.editions-liroli.net

 

Extrait de la préface de Jean-Louis Rambour

 

Avec ce Corps en automne, l’auteur brasse l’argile, les nuages, les moissons, son propre corps et le corps de l’autre dans un grand geste amoureux de toute création, tout objet de la création, des « rognons de silex » aux têtes frisées des bêtes, des araignées aux hérons, du champ de lin aux punaises des bois, également appelés « gendarmes de l’été ». le tout sous le regard envieux (mais impuissant) d’un « calvaire de carrefour ».

« Le plus grand plaisir qu’il soit après l’amour, c’est d’en parler » disait Louise Labbé en son temps. Avec Un corps en automne, la déclaration d’amour est pour tout et tous.

 

Mon avis

 

Publié aux Ěditions Corps Puce en Octobre 2011, « Un corps en automne » est un long poème venu pallier une carence de notre littérature.

 

Très peu de poèmes

parlent des corps

 

… dit l’auteure à la dernière page.

 

Ici donc un corps de femme est présent d’un bout à l’autre d’un monologue qui semble issu d’un seul souffle, d’une seule et longue vibration, jouant à saute-saison, à saute-éléments. Mais de quelle femme s’agit-il ?

Pour moi il n’y a pas de doute :

 

Un corps en automne

son poème… de moi

et d’ailleurs

 

Je suis une lectrice saprophyte… à moins que je ne sois de l’espèce de ces « gendarmes de l’été », petites bêtes découvertes à la lecture de cet ouvrage. Je lis du dedans, j’habille les mots des autres de mes propres ressentis. Et ce poème, je l’ai lu comme on lit des haïkus, en me prêtant à un jeu d’interactivité avec l’auteur.

J’ai de la chance d’être une femme. Il me semble que je comprends mieux les paroles d’isabel. Mon corps accompagne les scènes qu’elle évoque de mes sensations à moi, de mes souvenirs à moi. Comme ces petits défis qu’on se lance comme ça, pour le plaisir…

 

M’adosser à la vigne vierge avant qu’elle ne perde

Ses feuilles rouges

(page 32)

Pour ne citer que celui-là.

 

Être une femme pour partager pleinement les fêtes de ce corps d’automne dans sa plénitude sensorielle, à l’affût des teintes des saisons « prêtes à peindre », de leurs saveurs, de leurs odeurs et de leurs chants. Et le toucher qui est habituellement le parent pauvre des sens et qui occupe ici une place prépondérante. Là aussi, pour parodier l’auteure, bien peu de poèmes parlent du toucher… justement parce que peu de poèmes parlent du corps ?

Dans un tel contexte, je me garderai bien d’omettre le côté sensuel largement évoqué dans la préface.  Érotisme… Bien entendu ! Cela me paraît même un truisme de le dire. Comment peut-on évoquer les manifestations du corps qu’il soit d’ailleurs féminin ou masculin, en faisant l’impasse sur une de ses fonctions  les plus « joyeuses ». Une de ses fonctions… pas la seule.

 

J’aime beaucoup la douceur et la délicatesse des photos qui accompagnent le poème : photos en noir et blanc, en clair obscur, traduisant bien les mystères d’une identité féminine. Toutes en pudeur, dans la tonalité même des lignes que l’auteure lance pour nous inviter aux agapes de ce corps d’automne, le sien, le nôtre, celui de la nature toute entière dans laquelle il se fond.

Moi je l’ai suivie avec mon corps qui ressent… pas ce que isabel a ressenti, évidemment. Cela qui d’autre qu’elle saurait le dire ?

Et comme on quitte un ami, je referme –momentanément- ce livre sur ces vers qui m’enchantent par leur mystérieuse échappée vers un « autre côté des choses », un ailleurs à la fois familier et étrange…

 

Il n’y a pas de différence

entre printemps et hiver

Entre les deux l’automne

 

(Monique MERABET le 5 Novembre 2011)

 

 

 

 

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