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SORCIERS

Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 12:20


(image Flickr)

Sources chaudes aux fumerolles qui montèrent dans les airs.

Offrandes à la forêt pour sa régénération !

Rires des jeteuses de sort autour de la marmite accrochée dans l'âtre ...

Chassez les papillons aux nombreux zigzags de vos fantasmes les plus fous !

Imaginez que le monde dansera sur des rythmes de musiques endiablés !

Enigmatiques farces des magiciennes aux milliers de maléfices

Riez, enfants, à l'écoute de légendes oublieuses du temps qui s'écoule !
Eveillez les génies qui logèrent dans les calices des fleurs !!

Cet acrostiche de Brigitte NEULAS-BERMOND pour ouvrir le grand bal des sorcières, que souhaiter de mieux!

ATTENTION! ATTENTION!

GRAND LÂCHER DE SORCIERES

SUR CE BLOG






(image Flickr)

Par Monique MERABET - Publié dans : SORCIERS
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 12:56

AGLAE
(Anick BAULARD)




                                                          (image Flickr)


 

 

            Jamais autant qu’aujourd’hui il n’avait regretté d’avoir été élu maire de ce petit village de B., quelque dix ans auparavant. Certes, il y avait eu des moments difficiles ; il avait parfois dû batailler au Conseil municipal pour faire accepter des décisions forcément impopulaires : il fallait bien augmenter les impôts pour financer le futur assainissement ou acheter un nouvel ordinateur pour la secrétaire de mairie… Il y avait eu aussi des situations cocasses ; il se souvenait particulièrement de ce soir de fête patronale où il avait dû, aidé de son premier adjoint, ramener chez lui, en brouette, un poivrot notoire qui avait oublié jusqu’à son adresse ! Tout cela, finalement, ajoutait une once de piment à sa vie quelque peu  routinière d’enseignant. Et puis, il aimait bien cette fonction qui le mettait en contact avec toutes sortes de gens, du sous-préfet au cultivateur de la rue Haute, du conseiller général à Jean-Paul, le cantonnier municipal. Mais aujourd’hui, le « travail » qui l’attendait ne l’enchantait pas du tout. Lucette, l’ancienne postière, venait de lui téléphoner : « Allô, Frédéric, je ne sais pas si je fais bien mais voilà, ça fait deux jours qu’Aglaé n’a pas ouvert ses volets et que la cheminée ne fume plus. Mais, vous comprenez, moi, je ne veux pas aller voir, alors, j’ai pensé… » Pardi, il savait bien ce qu’elle  avait pensé : c’était lui le maire, l’autorité ; à lui, donc, de prendre la responsabilité d’aller voir ce qui se passait chez Aglaé. Mais c’est qu’Aglaé…

            La vieille Aglaé avait dans tout le village la réputation de « jeteuse de sorts ». Rien dans son apparence ne l'aurait distinguée des autres femmes de B. aux yeux du citadin venu passer le week-end à la campagne. Mais le regard plus aigu, plus patient, des « naturels » la reconnaissait d'emblée ; d'instinct le fermier pressait le pas en la voyant et scrutait les nuages d'un air inquiet : les foins n'avaient pas encore été rentrés, pourvu qu'elle ne déclenche pas l'orage ! L'épicière se signait lorsqu'elle croisait Aglaé : un jour où elle ne l'avait pas fait, le lait avait tourné dans les bidons et la perte avait été de quinze euros, au moins ! Quant à Françoise, la boulangère, elle crachait toujours dans sa direction : N'était-ce pas le regard d’Aglaé sur son ventre qui avait fait naître son Guillaume pied-bot ?

            La petite maison de la « sorcière » s'élevait un peu à l'écart, cernée d'un bouquet de bouleaux. Eté comme hiver, la cheminée fumait. « Est-ce normal, Monsieur le Maire, je vous le demande ! » Les chercheurs de morilles, tôt levés, rencontraient souvent la vieille parcourant les chemins d'un petit pas régulier, portant sur son dos un sac de jute dont personne n'avait jamais aperçu le contenu. Pour sûr, elle récoltait des herbes « pas catholiques », des crapauds, peut-être, des serpents, même, pour concocter des potions sataniques qui pourraient bien servir à empoisonner l’eau du ruisseau et de la fontaine, les chats du voisinage et sans doute pire encore !

            Lorsque Frédéric avait eu vent de ces racontars, il avait d’abord souri. Puis, devant la persistance des rumeurs, il avait tenté de raisonner tout son petit monde. La cheminée, hiver comme été ? Eh bien c’était normal : comment Aglaé aurait-elle fait cuire ses repas, elle qui n’avait ni gaz ni électricité ? Les promenades matinales ? Elle avait tout de même bien le droit d’aller elle aussi ramasser des champignons et des baies sauvages, histoire d’améliorer l’ordinaire fourni par son jardinet et son modeste poulailler. Mais tous ces arguments n’y avaient rien fait : « Vous ne me direz pas, Monsieur le Maire, qu’un être humain « normal » peut vivre comme ça, sans parler à personne ! » C’est vrai qu’elle n’était pas comme les autres, Aglaé, et, surtout, on ne savait rien sur elle. Lorsqu’elle était arrivée dans le village, nul ne se rappelait plus quand exactement, elle avait décroché la pancarte « A vendre », qui ne tenait plus que par un clou rouillé, et s’était installée dans la maisonnette abandonnée depuis belle lurette, à l’orée du bois. Elle avait tant bien que mal retapé murs et fenêtres, et tout cela sans rien demander à personne, sans rien dévoiler d’elle-même, ni de sa vie antérieure. Et c’était bien cela qui dérangeait les gens : ne rien savoir ! De là à la prendre pour une sorcière, il n’y avait qu’un pas, que beaucoup avaient franchi. Un jour, quelques gamins du village, histoire de se prouver qu’ils étaient des hommes et qu’ils n’avaient pas peur, avaient imaginé de lancer des pierres dans ses fenêtres ! Un caillou avait atteint le carreau du bas. Aglaé avait ouvert sa porte et s’était simplement plantée sur le seuil, regardant les gosses d’un air de calme reproche. Ils s’étaient enfuis, les garnements, sans demander leur reste. Aglaé avait collé un morceau de carton à la place du carreau et, lorsque Frédéric, mis au courant de « l’attentat », était allé s’enquérir des faits afin de prendre les mesures qui s’imposaient, elle l’avait reçu sur le pas de la porte et lui avait simplement déclaré que tout allait bien. Puis elle avait refermé sa porte et Frédéric n’avait pas insisté. Oui, elle était étrange, Aglaé, mais ces histoires de sorcellerie, au début du vingtième et unième siècle, ça ne tenait vraiment pas debout, surtout pour un esprit cartésien comme le sien.

            Il pensait à tout cela en se dirigeant vers le bois de bouleaux et il se demandait ce qu’il trouverait dans la maison d’Aglaé, car il faudrait bien qu’elle lui ouvre, cette fois. Et si elle ne lui ouvrait pas, il serait obligé d’entrer quand même… Au fond, il savait exactement ce qu’il allait découvrir, et la perspective d’être obligé de côtoyer un cadavre ne lui souriait guère. Il se prenait à espérer malgré tout que la petite maison serait vide, qu’Aglaé serait partie comme elle était venue, emportant son mystère. Il frappa et n’obtenant pas de réponse, il poussa la porte qui n’était même pas fermée et il entra. Dans le demi-jour de la porte ouverte, il distingua une silhouette écroulée au coin de l’âtre et il ne fut pas long à constater qu’Aglaé était morte, terrassée sans doute par une crise cardiaque. Il lui ferma les yeux, avec une certaine répulsion, ce n’était pourtant pas la première fois qu’il faisait ce geste ; il s’en voulut, même, de ce mouvement de recul instinctif, c’était comme si, soudain, il rejoignait le camp de ceux qui craignaient « la sorcière ». Puis il reprit ses esprits, téléphona au médecin de la ville voisine afin qu’il vienne constater le décès, et, en attendant son arrivée, ouvrit les volets pour aérer un peu la pièce unique qui avait été le foyer d’Aglaé. Et ce qu’il découvrit alors le remplit de stupéfaction. Une multitude de poupées de toutes sortes occupait chaque recoin de la salle, le haut du buffet, les étagères tapissant le mur du fond, les chaises, même les marches de l’escalier du grenier servaient de support à de petites poupées manifestement artisanales. En laine, en bouchons de liège, en écorces, en paille tressée, en terre glaise, ornées de fleurs séchées, de plumes, de bouts de dentelle ou de tissu bariolé, elles avaient l’air d’attendre quelque chose, quelqu’un, peut-être. Saisi d’émotion, Frédéric se surprit à chercher du regard les aiguilles acérées qui auraient dû, si la logique était respectée, accompagner les poupées de la sorcière, mais il n’y avait rien, rien d’autres que ces visages à l’expression naïve qui semblaient le suivre à travers la pièce. Lorsqu’il s’approcha du lit de la vieille, il aperçut, sur la table de nuit, à côté d’une minuscule poupée de chiffons très défraîchie, un cadre de bois clair barré d’un crêpe noir. Le sourire d’une petite fille lui sauta alors aux yeux, une petite fille dont le regard ressemblait étrangement à celui d’Aglaé. Au dos du cadre, une inscription maladroite : « Lucie, quatre ans »… Il reposa la photo, honteux des pensées malsaines qui lui étaient venues en découvrant les poupées. Pauvre Aglaé ! Comme elle avait dû souffrir depuis toutes ces années, prisonnière de son chagrin, espérant contre toute logique un « retour » qui ne se produirait pas, sombrant peu à peu dans une sorte de douce folie…

            Lorsqu’il rentra chez lui, une fois les formalités accomplies, Frédéric aurait dû se sentir soulagé : les rumeurs concernant Aglaé allaient s’éteindre d’elles-mêmes et si, malgré tout, elles ne cessaient pas, il pourrait témoigner de ce qu’il avait vu. Pourtant un inexplicable malaise l’habitait encore, une angoisse indéfinissable…

            Car qui pourrait bien lui expliquer de façon rationnelle pourquoi, soudainement, les aiguilles de sa montre s’étaient mises à tourner à l’envers ?


                                                          (image Flickr)
Par Monique MERABET - Publié dans : SORCIERS - Communauté : Alice, au pays des merveilles
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 00:00











                UN....


































             DEUX...

























           TROIS...


















Les sorcières des bois

Par Monique MERABET - Publié dans : SORCIERS
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 12:00










GUILLETTE ET LE PACTE DU DIABLE.

(Brigitte LASCOMBE)



















(image Flickr)


   Il était une fois un hameau queyrassin qui frisait les sommets tout en se prélassant dans un écrin de mélèzes et de pins cembros.

Tout en contemplant les cimes pures peuplées de chamois, de marmottes et de bouquetins, ce paisible village chantait son bonheur pastoral de fontaine en fontaine et de chalet en chalet.

Les fustes sur les façades, ces greniers à foin en balcons, colorées à souhait, signaient la joie de vivre.

L’entraide était de mise. Perché sur une tour de mélèze, le clocheton appelait à la solidarité de la communauté lors de décisions importantes comme la date de la fenaison en alpage, celle de la tonte des moutons ou celle de la cuisson du pain. Mais, il carillonnait aussi en cas d’incendie, d’avalanche ou de crue pour signaler un danger.

 

   Ce jour là, alors que la montagne riait sous le soleil écrasant d’été, la cloche retentit sept fois pour conseiller la prudence. Le son grave et puissant survola les toits d’ardoise pour se perdre dans le grondement impétueux du torrent.

 

   Guillette, partie aux aurores pour taquiner la truite dans  les gorges du Guil, occulta complètement l’avertissement tant elle était occupée à fourrager au sein des herbes de la berge.

   Elle habitait une cabane, non loin de là, avec son père le berger. Ce dernier étant parti en alpage depuis un bon mois, elle profitait de sa liberté et arborait l’insouciance de ses vingt ans.

La jupe relevée et coincée dans sa ceinture, les jambes nues dans l’eau glacée, elle traquait sa proie. C’était un spectacle appétissant qu’observait en souriant un jeune homme au chapeau écarlate.

 

   Guillette redoutait plus que tout de perdre sa beauté. Pourtant, à vingt printemps, les cavaliers se pressaient lors des bals du village, mais elle hésitait, et plus le temps courait à grands pas de géant  plus elle s’inquiétait de laisser passer sa chance.

Se sachant belle, elle ne fut pas effrayée outre mesure lorsqu’elle surprit le regard étincelant du bel inconnu posé sur sa gorge naissante.

 Innocente, inconsciente, ignorante de l’appel à la prudence du clocheton, comment aurait elle pu deviner qu’un loup garou velu à la bouche écumante et aux crocs menaçants décimait les troupeaux la nuit tout en usurpant la journée durant l’apparence du tranquille promeneur.

« Un loup garou ? »

La pensée d’une bête malfaisante n’effleura même pas la jeune fille, tant elle était hypnotisée par le merveilleux regard émeraude.

-Fais un pacte avec moi lui murmura le diable d’une voix enjoleuse, lisant dans ses pensées de beauté éternelle. Car vous vous en doutez, il s’agissait du diable en personne.

Et, continua t il d’un ton mielleux, je te promets que tout au long de ta vie tu garderas ta beauté.

 

Guillette souriante et confiante, entrevoyant tous les hommes du village couchés à ses pieds comme un troupeau de moutons bêlant, signa le pacte illico.

« La beauté contre une âme, ce n’est rien après tout ! »

« Mal lui en prit bien sûr ! »





















La jeune fille, son panier de truites frétillantes au bras, rentra chez elle à la tombée de la nuit. Sa peau lumineuse irradiait d’étranges reflets bleutés. Les reflets de la jeunesse éternelle. La beauté du diable !!!

Sur le chemin du retour, une nuée de brouillard survolait les eaux glauques l’étang. Quelques feux follets brûlaient ça et là. Un corbeau noir de jais tournoyait au dessus de sa tête en poussant des cris stridents. Les croix, plantées sur le bord de la route pour bénir les fruits de la terre, se brisaient avec fracas.

Effrayés de la voir revenir transformée comme nimbée d’une  lumière surnaturelle, les paysans, se doutant de l’origine diabolique du halo, s’écartèrent sur son passage. Ils tressaillirent  comprenant qu’un phénomène « pas très catholique » se tramait dans le hameau.

Chacun se signa.

 

   Dés le lendemain des faits mystérieux se produisirent.

-Le lait de ma Titine a tourné s’ écria le Pierrot en émergeant de sa grange.

-Moi c’est ma biquette qui est passée de vie à trépas. Et mes autres chèvres bavent bizarrement. Une maladie infectieuse commence à sévir ! commenta le Martin.

 

Puis, lorsque l’orage saccagea les récoltes et l’eau se tarit dans les fontaines la colère gronda au sein de la communauté.

-C’est la faute de cette sorcière de Guillette. Elle est possédée.

-Oui, confirma une matrone, je l’ai vue, de mes yeux vue, enfourcher un bâton pour se rendre au sabbat. C’était pleine lune et cachée dans les taillis j’ai observé sa danse avec le démon.

Les langues se déliaient et plus les jours passaient plus Guillette devenait « la sorcière » aux yeux de tous.

-Il faut la juger décida le maire, voyant les jeunes hommes énamourés tombant comme des mouches après un seul baiser de leur satanique dulcinée. Il en va de l’avenir de la population !

 

   Le père de Guillette, rappelé dare-dare de ses alpages, arriva au pas de course, les moutons à ses basques. On le craignait car il avait une autorité naturelle qui en imposait.

-Laissez moi trois jours, plaida t il, pour la délivrer du mal qui la ronge ! Guillette est une enfant du pays. Elle est brave. Vous la connaissez depuis toujours. Ayez confiance. Elle est ma fille unique et je m’en vais appeler le Guillou, le magnétiseur du village des Prats.

Cet ami  détenait le don. La trentaine, à peine, il n’avait pas son pareil pour couper le feu, charmer les douleurs, précipiter la venue au monde d’un nourrisson récalcitrant. Il connaissait les herbes, les mots, les conjurations, les contre sorts. Il avait acquis le pouvoir légué par son propre aïeul,  magnétiseur lui même.

Le clocheton sonna à nouveau sept fois pour réunir les villageois autour de l’exorciste.

-Appliquons quelques touffes de poils des chevrettes saines sur les oreilles des bêtes malades !

Répandons du sel sur le seuil des chalets !

Clouons un fer à cheval sur chaque porte !

Emplissons un pot de terre d’aiguilles neuves, portons les à ébullition. Dans cette épreuve des douleurs Guillette demandera pardon.

Ainsi fut fait, Guillette sortit peu à peu de sa léthargie.

 Le lait de la Titine redevint crémeux à souhait, les chevrettes baveuses guérirent subitement, les fontaines coulèrent à nouveau.

 

Aspergée d’eau bénite par le curé du village, venu à la rescousse, Guillette tomba à genoux pour implorer le pardon de tous.

En ce jour du 15 août où l’on fêtait la Vierge à grands coups d’Ave Maria, chacun voulut y voir un miracle surtout lorsqu’en un ultime battement d’ailes le grand corbeau sournois, perché de plus en plus souvent sur l’épaule de la jeune fille, prit son envol pour l’éternité.

 

Guillette la sorcière, guérie, devint la belle Guillette promue reine d’une fête gargantuesque.

Elle trouva chaussure à son pied en la personne de Guillou le magnétiseur.

Moralité :un bon tour de main suffit à démanteler un mauvais pacte avec le diable.

 

Par Monique MERABET - Publié dans : SORCIERS
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 00:19












      QUATRE...

































          CINQ...



























         SIX...














pleines de malice....

Par Monique MERABET - Publié dans : SORCIERS - Communauté : Alice, au pays des merveilles
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