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Poésie de l'instant

Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 07:34

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Fausse ballade pour faux poète

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes vers ne sont que fleurs des champs

Je rêvais jardin de lumière

Ramage de soie et d’argent,

De féerie, de frais bestiaire ;

Ma rime en humble messagère

Parfume l’ombre d’un instant,

Évanescente, passagère,

Mélancolie d’un rêve errant.

 

Mes odes sont balbutiement.

Je rêvais musique des sphères

Et symphonie pour le printemps,

Arpège attirant du mystère.

Mes notes sont d’un limonaire,

Cris plaintifs de l’engoulevent,

Un pleur, pas même une prière,

Mélancolie d’un rêve errant.

 

Mon chant s’enlise en sentiment ;

Je rêvais cascade légère

Fine écume sur l’océan,

Nuage ébouriffant l’éther.

Mais les mots ont un cœur de pierre

Quand ils sont de chair et de sang,

Litanie bien trop familière,

Mélancolie d’un rêve errant.

 

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Je suis le poète éphémère.

Mes vers s’effacent dans le temps.

Mes étoiles meurent poussière,

Mélancolie d’un rêve errant.

 

Monique MERABET

 

Par Monique MERABET - Publié dans : Poésie de l'instant
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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 00:31

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AU FIL DE L’EAU

 

 

 

 

 

                                                               Au fil du bleu de l’eau

                                                              Passent les amours

                                                              Comme des joyaux

 

Aigue-marine, diamant d’eau claire

L’amour peut vivre à l’infini

Quand il s’irise de lumière.

 

Écume d’opale d’une eau changeante

L’amour déferle en tsunami,

Torrent, cascade, vague mouvante

 

Décor de gouttes cristallines

Pour qu’une amourette jolie

Sous un parapluie s’illumine

 

Fine topaze d’une eau tendresse

Qui berce l’amour rêverie

D’un Prince Charmant et d’une Princesse.

 

Émeraude est l’eau d’espérance

Pour un amour qui s’épanouit

Palme, couronne, inflorescence.

 

Monique MERABET

 

 

Par Monique MERABET - Publié dans : Poésie de l'instant
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 00:39

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(image Flickr)

 

LE CRI DE LA CARPE

 

 

 

L’eau du ruisseau devient de moins en moins potable…

 

Ah ! Pleurez les courants limpides des beaux jours

Quand s’y désaltérait une colombe affable !

Oui ! Vous pouvez gémir : l’homme seul est coupable !

De l’ondine nature, il fane les atours.

Ses poisons ont rendu l’onde pure imbuvable.

Adieu claire fontaine où passaient les amours.

 

L’eau du ruisseau devient de moins en moins potable…

 

Et moi, pauvre alevin, à en suivre le cours

Périrai-je asphyxié, me traînant sur le sable ?

Vous mettrez, dites-vous, du vin à votre table.

Je reconnais bien là vos cyniques discours.

Au cri du carpillon vous restez comme sourds.

L’alcool vous ferait-il le cœur impitoyable ?

Offrez un happy end à cette triste fable.

Humains, réveillez vous ! Venez à mon secours !

 

Note: ce poème est un "Nombre d'or". Il est construit sur deux rimes et les strophes comportent successivement 1 - 6 - 1 - 8 vers.

1,618 c'est l'écriture décimale approchée de ce "nombre d'or" qui a servi depuis l'antiquité à donner des proportions harmonieuses aux ouvrages d'architecture. Il s'agit en fait du rapport entre la Longueur et la largeur d'un rectangle d'or.

 

Par Monique MERABET - Publié dans : Poésie de l'instant
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 09:06

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(image lickr)

 

 

LA COUVERTE DE COINS

(Monique MERABET)

 

 

 

Pour l’hiver qui viendra, qui sonne déjà à ma porte, qui sera rigoureux, qui sera long peut-être, je n’aurai pour seul refuge à l’heure des feuilles mortes, que ce jardin d’Arlequin, cette couverte de coins : des carrés de guingois assemblés à l’emporte-pièce par mes doigts maladroits, point d’épine, point de croix, d’un fil grossier et rêche.

Bien au chaud sous mon manteau, je contemplerai chaque reflet de ma vie comme à travers un miroir voilé, derrière les carreaux des souvenirs ternis : la chatoyante soie des fleurs de canne qui dansent dans l’alizé chantant, le satin écarlate d’un flamboyant, le tulle des eaux claires, du pastel des cascades, les broderies légères de la mer en mouvance berçant les rêveries de l’enfance.

Au hasard des trames disparates je grappillerai les petits bonheurs entre parenthèse :l’organdi des robes de fête, la moelleuse finette des soirées-devinettes sous la clarté diaphane de la lampe à pétrole auréolant de suie le plafond.

Je découvrirai un fragment damassé de la nappe des jours de l’an, la solide popeline des travaux journaliers, des traditions, des rites qui enracinent les mythes au plus profond de l’inconscient.

Je retrouverai aussi sans doute, les chiffons découpés aux vieux mouchoirs encore tout imbibés des chagrins, des déroutes ; et tous ces lambeaux arrachés à la misère du monde, couleur de sang qui rouille, couleur de nuit, couleur de cendre ; et la peau de chagrin rétrécissant sans cesse, des heures de tendresse, et le tissu élastique, métastases prolifiques, qui se distend chaque jour d’une nouvelle tombe, d’une nouvelle croix.

La doublure kaki des soirs de lâcheté qu’on a honte de montrer, transparaîtra par endroits sous la fine batiste des pieuses pensées qui s’effilochent, se délitent, ces accrocs persistants faits aux beaux sentiments, qu’on a beau ravauder, qui laissent toujours passer comme à travers le trou d’une poche, le laid, le moche.

Mais avant que ne s’achève mon tapis de mendiante, j’y broderai mes rêves d’un fil d’argent : au point de tige, au point de fleur, j’ensoleillerai les toiles mortes de l’or des chrysanthèmes ; je recouvrirai les pièces fatiguées jusqu’à la corde, de rimes en festons, de poèmes, de chansons.

Je changerai la doublure racornie pour un doux molleton de duvet fleur millet ou cane Manille.

Alors, l’humble couverte de coins se fera oreiller, se fera édredon, se fera piquette* de l’innocence épargnée.

Elle m’enveloppera dans sa nasse comme un enfant qui dort ; elle m’offrira la châsse de ses mille trésors.

 

*piquette: terme créole désignant un petit tapis rectangulaire en coton doublé , les piqûres à la machine pour faire tenir l'ensemble y dessinaient des motifs artistiques. La piquette servait à protéger les vêtements de la personne qui tenait le bébé sur ses genoux, les protège-couches en plastique, n'existant pas à l'époque.

 

Par Monique MERABET - Publié dans : Poésie de l'instant
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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 16:36

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MON PLUS BEAU POÈME

 

 

 

J’habite un mouvant poème

Une ballade aux vers changeants

Un peu Noël, un peu Carême,

Plénitude et néant.

 

Mon plus beau poème

Se moque d’être publié,

Se moque d’être récité

Mon plus beau poème

Est LIBERTÉ.

 

Il me dit des chansons tendres

Ou des peurs inexpliquées,

Aussi la haine au goût de cendre

Que des rires peuvent balayer

 

Il s’épanouit en ces merveilles

Que le soleil a dorées,

En ces corolles qui s’éveillent

Pour danser avec l’alizé.

Mon plus beau poème

Est BEAUTÊ.

 

Je le vois dans ces yeux qui brillent

Dans la souffrance des inquiets,

La lumière de l’eau qui scintille

L’ombre des pestiférés.

 

Il est reflet de sombres pensées,

De prières non formulées,

Des cadeaux que j’ai refusés,

Des trésors que j’ai gardés.

Mon plus beau poème

Est parfois raté.

 

Je l’entends musique claire

Du vent caressant mes cheveux

Je l’entends dans le souffle amer

Du silence des adieux.

 

Mon plus beau poème

Se bâtit de peines, de joies,

Se nourrit de rêves, d’émois.

Mon plus beau poème

C’est TOI.

 

Par Monique MERABET - Publié dans : Poésie de l'instant - Communauté : Alice, au pays des merveilles
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