La chance du flamboyant
LA CHANCE DU FLAMBOYANT
La shanse ti poulé la pa la shanse ti kanar… dit un proverbe créole.
Flamboyant fleuri
et l’autre encore nu
quelle saison croire ?
Place du marché. Un flamboyant rouge cependant que son voisin étale encore son armature de branches nues. La chance de l’un n’est pas la chance de l’autre. L’égalité serait-elle aussi un vain concept chez les arbres ?
Je devais le savoir, pourtant : Saison letchis, saison mangues mûres, saison mâle rouge… cela s’étale d’équinoxe à solstice, un peu plus tôt, un peu plus tard…
Et ma chance de passer d’un coup d’œil de printemps à hiver, contraste de nos saisons enchevêtrées. Et plus encore si on change d’hémisphère.
Vol de nuit
sur sa robe de coton
enfiler une polaire
Tout un calendrier en raccourci. Et ce matin, je lis la parabole du figuier stérile (en apparence) poussant au milieu des vignes lourdes de raisin ; en octobre sans doute, temps des vendanges au pays de l’évangile. Le propriétaire impatient veut faire couper l’arbre inutile qui parasite le sol. Faut-il abattre le flamboyant tardif ?
La réponse du vigneron : « Laisse-moi mettre du fumier et il donnera peut-être du fruit » apporte un sursis. Vendredi prochain, ou un autre vendredi, mettra les deux flamboyants à l’unisson.
Croire au miracle.
Dents et griffes
sur ma jambe nue
ronronnement
Cela mérite bien un fromage sans doute.
(27 octobre 2018)
Catégorie: Correspondances