NAHAIWRIMO 2023 (VI)

Publié le par Monique MERABET

NAHAIWRIMO 2023 (VI)

16 février : HEURES DE POINTE

 

Vie de retraitée

sirotant mon café

haïku « heure de pointe »

 

J’ai eu la chance d’éviter ces contraignantes heures de presse, matin, midi et soir, la maison proche du lycée où j’enseignais.

Aujourd’hui, dans ma thébaïde, me restent juste quelques échos.

 

Sortie des écoles

le grondement des moteurs

s’enfle dans ma rue

 

Moi, je prends le temps de cultiver mon jardin : arrosage, désherbage, et toutes ces observations animalières, l’afflux des petites bêtes à l’heure de mystérieux rendez-vous.

 

Après l’arrosage

la ruée des oiseaux-lunettes

sur les gouttes

 

Chiendent arraché

à la suite tout un nid

de fourmis piqueuses

 

Miaulement outré

après la pluie son écuelle

remplie de limaces

 

koléséré sur le câble

l’heure de pointe des pigeons

aux derniers rayons

 

Pour terminer ma tournée de farniente à regarder d’autres se presser, une pensée pour ceux qui, chaque jour, vont au boulot et en reviennent.

 

Les embouteillages

du temps pour ruminer…

à quel âge la retraite ?

 

 

 

17 février : HEURE DU THÉ

 

Le thé ? Je n’en prends qu’occasionnellement, au restaurant, chez des amis… Le thé, pas ma « tasse de thé ». La coutume du tea time n’a pas eu le temps de s’ancrer sur l’île réunionnaise restée sous domination britannique quelques années seulement (1810 – 1815)

 

La maison d’enfance

dans la cour un camélia

peut-être arbre à thé

 

On ne s’en souciait guère. Maman le cultivait pour la beauté des fleurs. Je n’ai découvert le thé qu’en allant déjeuner en ville.

 

Restaurant chinois

accompagnant le chop-suey

thé au jasmin

 

Manjékozé

et genmaïcha

refaire le monde

 

Restaurant marocain

charme du thé à la menthe

versé de si haut

 

Les amis zarab

la saveur de la cardamome

thé du Goudjerate

 

Quant au thé japonais, malgré mon amour pour les haïkus, je n’ai jamais pu m’intéresser vraiment aux rites nippons de la cérémonie du thé.

Bref, le thé à la Réunion, une affaire d’exotisme ?

Thé blanc des Hauts

ce parfum de galabèr

fleurs de mes vacances

 

Le thé se cultive encore dans les Hauts de Saint-Joseph, par exemple et c’est toujours plaisir d’en échanger les saveurs pays : vanille, géranium, citronnelle… Et puis,

 

Thé au goût de roses

trois fuseaux horaires vers l’ouest

amis de Picardie

 

 

 

18 février : REPAS DU SOIR

 

Mon repas du soir

très léger

un seul haïku ?

 

Ce serait sagesse, ce serait justice après tous ces moments repas que nous suggère le NaHaiWriMo 2023

Et puis… comment a-t-elle dit Blandine ? « Je suis impressionnée (sic) par l’efficacité et la sobriété de ton haïku »

Un compliment, c’est toujours agréable à avaler… à condition qu’il soit justifié !

Donc, m’en tenir à l’unique. Mais ma mémoire gargouille de ne pouvoir raconter nos dîners d’autrefois, du temps de la famille réunie à la lueur de la lampe à pétrole.

Bon encore un... mais tout guiguine...

 

Dîner créole

le bouillon brèdes

toujours gagnant

 

Et je n’en dirai pas plus sur ces brèdes qu’accompagnaient grains, rougails, et…  sardine.

Chut ! J’en ai déjà trop dit.

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